La bibliothèque complète de l'islam

20 - Le Livre du tribut et du butin

1

Rapporté par Abdullah ibn Omar رضي الله عنه : Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Chacun de vous est un berger et chacun de vous est responsable de son troupeau. Le dirigeant qui est au-dessus des gens est un berger et il est responsable de son troupeau ; un homme est berger de sa famille et il est responsable de son troupeau ; une femme est bergère dans la maison de son mari et de ses enfants, et elle en est responsable ; et l’esclave d’un homme est berger des biens de son maître et il en est responsable. Donc, chacun de vous est un berger et chacun de vous est responsable de son troupeau. »

2

Rapporté par Abd al-Rahman ibn Samurah رضي الله عنه : Le Messager d’Allah ﷺ m’a dit : « ‘Abd al-Rahman ibn Samurah, ne demande pas à être nommé chef. Si tu reçois ce poste après l’avoir demandé, tu seras laissé à toi-même ; mais si tu le reçois sans l’avoir demandé, tu seras aidé pour l’assumer. »

3

Rapporté par Abu Musa رضي الله عنه : Je suis allé avec deux hommes voir le Prophète ﷺ. L’un d’eux a récité le tashahhud et a dit : « Nous sommes venus te voir pour que tu nous donnes une responsabilité. » L’autre a dit la même chose. Le Prophète ﷺ a répondu : « Celui qui demande un poste est le moins digne de confiance à nos yeux. » Abu Musa s’est alors excusé auprès du Prophète ﷺ et a dit : « Je ne savais pas pourquoi ils étaient venus te voir. » Il ne leur a confié aucune responsabilité jusqu’à sa mort

4

Rapporté par Anas رضي الله عنه : Le Prophète ﷺ a nommé Ibn Umm Makthum comme gouverneur de Médine (pendant son absence) à deux reprises

5

Rapporté par Aisha, la mère des croyants رضي الله عنها : Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Quand Allah veut du bien pour un dirigeant, Il lui accorde un conseiller sincère qui lui rappelle ce qu’il oublie et l’aide quand il se souvient. Mais si Allah veut autre chose pour lui, Il lui donne un mauvais conseiller qui ne lui rappelle rien s’il oublie et ne l’aide pas s’il se souvient. »

6

Rapporté par Al-Miqdam ibn Ma’dikarib رضي الله عنه : Le Messager d’Allah ﷺ lui a frappé les épaules puis a dit : « Tu réussiras, Qudaym, si tu meurs sans avoir été chef, secrétaire ou responsable. »

7

Rapporté par Ghalib al-Qattan : Ghalib a rapporté d’un homme qui tenait cela de son père, que son grand-père a raconté : Ils vivaient près d’une source. Quand l’Islam leur est parvenu, le maître de la source a promis à son peuple cent chameaux s’ils acceptaient l’Islam. Ils ont accepté l’Islam et il a réparti les chameaux entre eux. Mais il a ensuite pensé à les reprendre. Il a envoyé son fils voir le Prophète ﷺ et lui a dit : « Va voir le Prophète ﷺ et dis-lui : “Mon père te salue. Il a promis à son peuple cent chameaux s’ils acceptaient l’Islam, ils l’ont fait, et il les a partagés entre eux. Mais il pense maintenant à les reprendre. Qui y a le plus droit, lui ou nous ?” S’il répond oui ou non, dis-lui : “Mon père est un vieil homme, il est le chef des gens de la source. Il te demande de me nommer chef après lui.” » Il est allé voir le Prophète ﷺ et a dit : « Mon père te salue. » Il a répondu : « Que la paix soit sur toi et ton père. » Il a expliqué la situation des chameaux, et le Prophète ﷺ a dit : « S’il veut donner les chameaux, qu’il les donne ; s’il veut les reprendre, il y a plus droit que son peuple. S’ils ont accepté l’Islam, alors l’Islam leur appartient. S’ils ne l’acceptent pas, ils seront combattus pour la cause de l’Islam. » Il a ajouté : « Mon père est un vieil homme, il est le chef des gens de la source. Il te demande de me nommer chef après lui. » Le Prophète ﷺ a répondu : « Il faut un chef, car les gens ont besoin de chefs, mais les chefs iront en Enfer. »

8

Rapporté par Ibn Abbas رضي الله عنه : Le Prophète ﷺ avait un secrétaire nommé Sijill

9

Rapporté par Rafi’ ibn Khadij رضي الله عنه : J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : « L’agent qui collecte la zakat avec justice est comme celui qui combat dans le chemin d’Allah jusqu’à son retour chez lui. »

10

Rapporté par Uqbah ibn Amir رضي الله عنه : J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : « Celui qui prélève injustement un impôt supplémentaire (sahib maks) n’entrera pas au Paradis. »

11

Rapporté par Ibn Ishaq : Sahib maks désigne celui qui prélève la dîme sur les gens

12

Rapporté par Ibn Omar رضي الله عنه : Omar a dit : « Je ne vais pas nommer de successeur, car le Messager d’Allah ﷺ n’a pas nommé de successeur. Si je nomme un successeur, c’est parce qu’Abu Bakr en a nommé un. » (Ibn Omar a dit :) « Par Allah, il n’a mentionné que le Messager d’Allah ﷺ et Abu Bakr. J’ai compris qu’il ne mettait personne au même niveau que le Messager d’Allah ﷺ, car lui n’a pas nommé de successeur. »

13

Rapporté par Ibn Omar رضي الله عنه : Nous prêtions serment d’allégeance au Prophète ﷺ pour écouter et obéir, et il précisait : « Dans la mesure de mes capacités. »

14

Rapporté par Aishah (la mère des croyants) رضي الله عنها : Le Messager d’Allah ﷺ n’a jamais touché la main d’une femme, mais il recevait son serment d’allégeance. Quand elle lui donnait son serment, il disait : « Va, j’ai reçu ton allégeance. »

15

Rapporté par Abd Allah ibn Hisham رضي الله عنه, qui était un Compagnon : Sa mère Zainab, fille de Humain, est allée voir le Messager d’Allah ﷺ et a dit : « Messager d’Allah, reçois de lui le serment d’allégeance. » Le Messager d’Allah ﷺ a répondu : « Il est mineur. » Puis il a passé la main sur sa tête

16

Rapporté par Buraidah رضي الله عنه : Le Prophète ﷺ a dit : « Quand nous nommons quelqu’un à un poste administratif et que nous lui donnons une allocation, tout ce qu’il prend en plus est une trahison. »

17

Rapporté par Ibn al-Sa’idi رضي الله عنه : Omar m’a chargé de collecter la zakat. Quand j’ai terminé, il a ordonné qu’on me donne un salaire pour cela. J’ai dit : « J’ai travaillé pour Allah. » Il a répondu : « Prends ce qu’on te donne, car j’ai eu un poste administratif à l’époque du Messager d’Allah ﷺ, et il m’a donné un salaire pour cela. »

18

Rapporté par Al-Mustawrid ibn Shaddad رضي الله عنه : Al-Mustawrid a entendu le Prophète ﷺ dire : « Celui qui travaille pour nous doit avoir une épouse ; s’il n’a pas de serviteur, il doit en avoir un ; et s’il n’a pas de logement, il doit en avoir un. » Abu Bakr a rapporté : On m’a dit que le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui prend autre chose est un traître ou un voleur. »

19

Rapporté par Abu Humaid al-Sa’idi رضي الله عنه : Le Prophète ﷺ a nommé un homme de la tribu Azd, appelé Ibn al-Lutbiyayah (pour collecter la zakat). Le narrateur Ibn al-Sarh a dit : (Il a nommé) Ibn al-Utbiyyah pour collecter la zakat. À son retour, il a dit : « Ceci est pour vous et ceci m’a été offert comme cadeau. » Alors le Prophète ﷺ est monté sur la chaire, a loué et glorifié Allah, puis a dit : « Qu’arrive-t-il à un collecteur de zakat ? Nous l’envoyons (pour collecter la zakat), et à son retour il dit : “Ceci est pour vous et ceci est un cadeau qu’on m’a offert.” Pourquoi ne s’est-il pas assis chez son père ou sa mère pour voir si on lui aurait offert cela ou non ? Celui qui prend quelque chose de la sorte le ramènera forcément au Jour de la Résurrection, que ce soit un chameau qui grogne, une vache qui meugle ou une brebis qui bêle. » Puis, levant les bras pour qu’on voie les poils sous ses aisselles, il a dit : « Ô Allah, ai-je transmis le message ? Ô Allah, ai-je transmis le message ? »

20

Rapporté par Abu Mas’ud al-Ansari رضي الله عنه : Le Prophète ﷺ m’a nommé pour collecter la zakat puis a dit : « Va, Abu Mas’ud, je ne veux pas te voir au Jour du Jugement porter sur ton dos un chameau de la zakat qui grogne, celui que tu aurais pris de façon malhonnête. » Il a dit : « Si c’est ainsi, je n’irai pas. » Il a répondu : « Alors, je ne t’y oblige pas. »

21

Rapporté par Abu Maryam al-Azdi رضي الله عنه : Quand je suis entré auprès de Mu’awiyah, il a dit : « Quelle bonne visite tu nous fais, ô père d’untel ! » (C’est une expression arabe pour ce genre d’occasion.) J’ai dit : « Je vais te rapporter un hadith que j’ai entendu du Prophète. J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : “Si Allah confie à quelqu’un une responsabilité sur les affaires des musulmans et qu’il se coupe d’eux, ne répondant pas à leurs besoins, à leurs demandes et à leur pauvreté, Allah se détournera de lui, ne répondant pas à ses besoins, à ses demandes et à sa pauvreté.” » Il (Mu’awiyah) a alors nommé un homme pour s’occuper des besoins du peuple

22

Rapporté par Abu Huraira رضي الله عنه : Le Prophète ﷺ a dit : « Ce n’est pas de moi-même que je vous donne ou que je vous refuse : je ne suis qu’un dépositaire, je place ce qu’on m’a ordonné de placer. »

23

Rapporté par Omar ibn al-Khattab رضي الله عنه : Malik ibn Aws ibn al-Hadthan a dit : Un jour, Omar ibn al-Khattab a parlé des butins de guerre et a dit : « Je n’ai pas plus de droit sur ce butin que vous ; aucun de nous n’y a plus droit qu’un autre, sauf selon la place que nous occupons dans le Livre d’Allah, le Très Grand et Glorieux, et la répartition faite par le Messager d’Allah ﷺ, les gens étant classés selon leur ancienneté dans l’Islam, les épreuves qu’ils ont traversées, leurs enfants et leurs besoins. »

24

Rapporté par Abdullah ibn Umar رضي الله عنه : Zayd ibn Aslam a dit : Abdullah ibn Umar est allé voir Mu'awiyah. Celui-ci lui a demandé : « Dis-moi ce dont tu as besoin, Abu AbdurRahman. » Il a répondu : « Donne (le butin) à ceux qui ont été affranchis, car j’ai vu que la première chose que faisait le Messager d’Allah ﷺ lorsqu’il recevait quelque chose, c’était d’en donner une part à ceux qui avaient été affranchis. »

25

Rapporté par Aïsha, la mère des croyants رضي الله عنها : On a apporté au Prophète ﷺ une bourse contenant des perles, et il l’a partagée entre des femmes libres et des esclaves. Aïsha a dit : « Mon père avait l’habitude de partager les biens entre les hommes libres et les esclaves. »

26

Rapporté par ‘Awf ibn Malik رضي الله عنه : Lorsque le butin (fay’) arrivait au Messager d’Allah ﷺ, il le partageait le jour même ; il donnait deux parts à un homme marié et une part à un célibataire. Le rapporteur Ibn al-Musaffa a ajouté : On nous appelait, et j’étais convoqué avant ‘Ammar. Donc, j’ai été appelé et il m’a donné deux parts, car j’avais une famille ; puis ‘Ammar ibn Yasir a été appelé après moi et il a reçu une part

27

Rapporté par Jabir ibn Abdullah رضي الله عنه : Le Prophète ﷺ a dit : « Je suis plus proche des croyants qu’eux-mêmes. Donc, si quelqu’un laisse des biens, ils vont à ses héritiers ; mais si quelqu’un laisse des dettes et des personnes à charge, que l’affaire me revienne et j’en prendrai la responsabilité. »

28

Rapporté par Abu Huraira رضي الله عنه : Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Si quelqu’un laisse des biens, ils vont à ses héritiers. Et si quelqu’un laisse des personnes à charge (sans ressources), ils viennent à nous. »

29

Rapporté par Jabir ibn Abdullah رضي الله عنه : Le Prophète ﷺ a dit : « Je suis plus proche de chaque croyant que lui-même, et si quelqu’un laisse des biens, ils vont à ses héritiers. »

30

Rapporté par Nafi’ : Ibn ‘Umar رضي الله عنه a été présenté au Prophète ﷺ le jour de Uhud, alors qu’il avait quatorze ans, mais il ne l’a pas accepté. Il a de nouveau été présenté à lui le jour de Khandaq (la bataille du Fossé), alors qu’il avait quinze ans, et cette fois il l’a accepté

31

Rapporté par un homme : Sulaym ibn Mutayr a rapporté d’après son père que Mutayr est parti accomplir le hajj. Lorsqu’il est arrivé à as-Suwaida’, un homme est soudain venu chercher des médicaments et de l’extrait d’ammonium anthorhizum, et il a dit : Un homme qui a entendu le Messager d’Allah ﷺ s’adresser aux gens en leur ordonnant et en leur interdisant, m’a dit qu’il avait entendu : « Ô gens, acceptez les cadeaux tant qu’ils restent des cadeaux ; mais lorsque les Quraysh se disputeront le pouvoir et que les cadeaux seront donnés pour la religion de l’un d’entre vous, alors laissez-les. » Abu Dawud a dit : Ce hadith a été transmis par Ibn al-Mubarak d’après Muhammad ibn Yasar, d’après Sulaim ibn Mutair

32

Rapporté par Dhul-Zawa’id : Mutayr a dit : J’ai entendu un homme dire : J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ lors du pèlerinage d’adieu. Il commandait et interdisait aux gens. Il a dit : « Ô Allah, ai-je transmis pleinement le message ? » Ils ont répondu : « Oui. » Il a dit : « Quand les Quraysh se disputeront le pouvoir entre eux et que les cadeaux deviendront des pots-de-vin, alors laissez-les. » On a demandé aux gens : Qui était ce rapporteur ? Ils ont répondu : C’était Dhul-Zawa’id, un compagnon du Messager d’Allah ﷺ

33

Rapporté par ‘Abd Allah ibn Ka’b ibn Malik al-Ansari : Une expédition des Ansar opérait en Perse avec leur chef. ‘Umar avait l’habitude d’envoyer des expéditions à tour de rôle chaque année, mais il les a négligés. Quand le temps est passé, les gens de l’expédition postés à la frontière sont revenus. ‘Umar a pris des mesures sévères contre eux et les a menacés, bien qu’ils fussent des compagnons du Messager d’Allah ﷺ. Ils ont dit : « ‘Umar, tu nous as négligés et tu as abandonné la pratique pour laquelle le Messager d’Allah ﷺ avait ordonné d’envoyer les détachements à tour de rôle. »

34

Rapporté par Omar ibn al-Khattab رضي الله عنه : Un fils de Adi ibn Adi al-Kindi a dit que Omar ibn AbdulAziz a écrit (à ses gouverneurs) : « Si quelqu’un demande où doivent être dépensés les butins (fay’), cela doit se faire conformément à la décision prise par Omar ibn al-Khattab رضي الله عنه. Les croyants le considéraient comme juste, selon la parole du Prophète ﷺ : “Allah a mis la vérité sur la langue et dans le cœur de Omar.” Il a fixé des allocations pour les musulmans et a assuré la protection des gens d’autres religions en leur imposant la jizyah (impôt), sans en prélever un cinquième ni le prendre comme butin. »

35

Rapporté par Abu Dharr رضي الله عنه : J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : « Allah, le Très-Haut, a mis la vérité sur la langue de Omar et il la dit. »

36

Rapporté par Malik ibn Aws ibn Al-Hadathan رضي الله عنه : ‘Umar m’a fait appeler quand le soleil était déjà haut. Je l’ai trouvé assis sur un canapé sans couverture. Quand je suis entré, il m’a dit : « Malik, des gens de ta tribu sont venus, et j’ai ordonné qu’on leur donne quelque chose, alors distribue-le entre eux. » J’ai dit : « Si tu confiais ce travail à quelqu’un d’autre, ce serait mieux. » Il a dit : « Prends-le. » Puis Yarfa’ est venu et a dit : « Commandeur des croyants, permets-tu à ‘Uthman ibn ‘Affan, ‘Abd al-Rahman ibn ‘Awf, al-Zubair ibn al-‘Awwam et Sa’d ibn Abi Waqqas d’entrer ? » Il a dit : « Oui. » Ils sont entrés. Yarfa’ est revenu et a dit : « Commandeur des croyants, permets-tu à al-‘Abbas et ‘Ali d’entrer ? » Il a dit : « Oui. » Ils sont entrés. Al-‘Abbas a dit : « Commandeur des croyants, tranche entre moi et lui », en parlant de ‘Ali. Certains ont dit : « Oui, Commandeur des croyants, tranche entre eux et donne-leur satisfaction. » Malik ibn Aws a dit : « Il m’a semblé qu’ils avaient amené les autres pour cela. » ‘Umar a dit : « Soyez patients (ne vous précipitez pas). » Puis il s’est tourné vers eux et a dit : « Je vous adjure par Allah, par qui le ciel et la terre tiennent, savez-vous que le Messager d’Allah ﷺ a dit : “Nous ne sommes pas hérités, ce que nous laissons est une aumône (sadaqah).” » Ils ont répondu : « Oui. » Il s’est ensuite tourné vers ‘Ali et al-‘Abbas et leur a dit : « Je vous adjure par Allah, par qui le ciel et la terre tiennent, savez-vous que le Messager d’Allah ﷺ a dit : “Nous ne sommes pas hérités, ce que nous laissons est une aumône.” » Ils ont répondu : « Oui. » Il a alors dit : « Allah a attribué au Messager d’Allah ﷺ une part spéciale (dans le butin) qu’il n’a pas donnée à d’autres. Allah, le Très-Haut, a dit : “Ce qu’Allah a accordé à Son Messager (et pris d’eux) – pour cela vous n’avez fait aucune expédition avec cavalerie ou chameaux. Mais Allah donne le pouvoir à Ses messagers sur qui Il veut ; et Allah est capable de tout.” Allah a donné (les biens) de Banu al-Nadir à Son Messager. Je jure par Allah, il ne l’a pas gardé pour lui-même, ni pris plus que vous. Le Messager d’Allah ﷺ utilisait sa part pour son entretien annuel, ou il prenait sa part et donnait à sa famille leur part annuelle (de ces biens), puis il prenait ce qui restait et en disposait comme il le faisait pour les biens d’Allah. » Puis il s’est tourné vers eux et a dit : « Je vous adjure par Allah, par qui le ciel et la terre tiennent, le savez-vous ? » Ils ont répondu : « Oui. » Il s’est tourné vers ‘Ali et al-‘Abbas et leur a dit : « Je vous adjure par Allah, par qui le ciel et la terre tiennent, le savez-vous ? » Ils ont répondu : « Oui. » Quand le Messager d’Allah ﷺ est décédé, Abu Bakr a dit : « Je suis le protecteur du Messager d’Allah ﷺ. » Puis vous deux (‘Ali et al-‘Abbas) êtes venus à Abu Bakr, réclamant une part de l’héritage de votre cousin, et ‘Ali réclamant la part de sa femme de la part de son père. Abu Bakr a alors dit : « Le Messager d’Allah ﷺ a dit : “Nous ne sommes pas hérités. Ce que nous laissons est une aumône.” » Allah sait qu’il (Abu Bakr) était véridique, loyal, bien guidé et suiveur de la vérité. Abu Bakr a alors géré ces biens (du Prophète). Quand Abu Bakr est mort, j’ai dit : « Je suis le protecteur du Messager d’Allah ﷺ et d’Abu Bakr. » J’ai donc géré ce qu’Allah a voulu. Ensuite, vous deux êtes venus. Vous étiez d’accord, votre demande était la même. Alors vous m’avez demandé ces biens, et j’ai dit : « Si vous voulez, je vous les donne à condition que vous respectiez l’engagement d’Allah, c’est-à-dire que vous les gérerez comme le faisait le Messager d’Allah ﷺ. » Vous les avez donc pris de moi à cette condition. Et maintenant, vous revenez pour que je tranche entre vous autrement. Je jure par Allah, je ne trancherai pas entre vous autrement jusqu’à la dernière Heure. Si vous ne pouvez pas gérer, rendez-les-moi. » Abu Dawud a dit : Ils lui demandaient de les partager entre eux, et non parce qu’ils ignoraient que le Prophète ﷺ avait dit : « Nous ne sommes pas hérités. Ce que nous laissons est une aumône. » Ils cherchaient aussi la vérité. ‘Umar a alors dit : « Je n’appelle pas cela un partage ; je le laisse dans son état initial. »

37

En rapportant ce récit, Malik ibn Aws رضي الله عنه a dit : ‘Ali et al-‘Abbas رضي الله عنه se disputaient à propos de ce qu’Allah avait donné à Son Messager ﷺ, c’est-à-dire les biens de Banu al-Nadir. Abu Dawud a dit : ‘Umar voulait que le terme de partage ne s’applique pas à cela

38

Rapporté par ‘Umar رضي الله عنه : Les biens de Banu al-Nadir faisaient partie de ce qu’Allah avait accordé à Son Messager ﷺ, sans que les musulmans aient eu à monter des chevaux ou des chameaux pour les obtenir ; ils appartenaient donc spécialement au Messager d’Allah ﷺ, qui donnait à sa famille leur part annuelle. Ibn ‘Abdah a dit : Sa famille (ahlihi) et non les membres de sa maison (ahl baytihi) ; puis il utilisait le reste pour les chevaux et les armes dans la voie d’Allah

39

Rapporté par Al-Zuhri : ‘Umar, en expliquant le verset : « Ce qu’Allah a accordé à Son Messager (et pris d’eux) – pour cela vous n’avez fait aucune expédition avec cavalerie ou chameaux », a dit : Cela appartenait spécialement au Messager d’Allah ﷺ : les terres de ‘Urainah, Fadak, et d’autres. Ce qu’Allah a accordé à Son Messager (et pris aux gens des villages) appartient à Allah, à Son Messager, à ses proches, aux orphelins, aux nécessiteux, au voyageur, aux émigrés pauvres, à ceux qui ont été expulsés de leurs maisons et de leurs biens, et à ceux qui, avant eux, avaient des maisons (à Médine) et avaient adopté la foi, et à ceux qui sont venus après eux. Ce verset englobe tous les gens ; il ne reste aucun musulman sans qu’il ait un droit ou une part (selon la version d’Ayyub), sauf les esclaves

40

Rapporté par Omar ibn al-Khattab رضي الله عنه : Malik ibn Aws al-Hadthan a dit : L’un des arguments avancés par Omar était qu’il disait que le Messager d’Allah ﷺ avait reçu trois choses exclusivement pour lui : Banu an-Nadir, Khaybar et Fadak. Les biens de Banu an-Nadir étaient gardés entièrement pour ses besoins urgents, Fadak pour les voyageurs, et Khaybar a été divisé par le Messager d’Allah ﷺ en trois parts : deux pour les musulmans, et une comme contribution pour sa famille. S’il restait quelque chose après la part de sa famille, il le partageait entre les pauvres émigrés

41

Rapporté par Aïsha, épouse du Prophète ﷺ رضي الله عنها : Fatimah, fille du Messager d’Allah ﷺ, a envoyé un messager à Abu Bakr pour lui demander en héritage ce qu’Allah avait donné au Prophète ﷺ à Médine et à Fadak, et ce qui restait du cinquième de Khaybar. Abu Bakr a dit : « Le Messager d’Allah ﷺ a dit : “Nous ne sommes pas hérités. Ce que nous laissons est une aumône.” La famille de Muhammad mangera de ces biens. Je jure par Allah que je ne changerai rien à la condition précédente, à savoir que ce soit une aumône comme à l’époque du Messager d’Allah ﷺ. Je le gérerai comme le faisait le Messager d’Allah ﷺ. » Abu Bakr a donc refusé de donner quoi que ce soit à Fatimah de ces biens

42

Rapporté par Aïsha, la mère des croyants رضي الله عنها : Fatimah réclamait les biens d’aumône du Messager d’Allah ﷺ à Médine et à Fadak, et ce qui restait du cinquième de Khaybar. Aïsha a rapporté qu’Abu Bakr disait : « Le Messager d’Allah ﷺ a dit : “Nous ne sommes pas hérités ; ce que nous laissons est une aumône.” La famille de Muhammad mangera de ces biens, c’est-à-dire des biens d’Allah. Ils ne prendront pas plus que leur subsistance. »

43

En rapportant le récit précédent, Aïsha رضي الله عنها a ajouté : Abu Bakr a refusé cela à Fatimah. Il a dit : « Je ne vais rien laisser de ce que le Messager d’Allah ﷺ faisait, mais je vais l’appliquer. J’ai peur que si je m’écarte un peu de sa pratique, je m’égare. » Quant à ses biens d’aumône à Médine, ‘Umar les a donnés à ‘Ali et à ‘Abbas رضي الله عنهما, et ‘Ali en avait la gestion. Pour Khaybar et Fadak, ‘Umar les a gardés. Il a dit : « Ce sont les biens d’aumône du Messager d’Allah ﷺ, réservés exclusivement à ses besoins et à ses urgences. Leur gestion était confiée à celui qui était en autorité. » Il a dit : « Ils sont dans cet état jusqu’à aujourd’hui. »

44

Al-Zuhri, en expliquant le verset « Pour cela vous n’avez fait aucune expédition avec cavalerie ou chameaux », a dit : Le Prophète ﷺ a conclu un traité de paix avec les gens de Fadak et d’autres villages dont je ne me souviens pas ; il a assiégé d’autres personnes qui lui ont envoyé un message pour capituler. Il a dit : « Pour cela vous n’avez fait aucune expédition avec cavalerie ou chameaux » signifie sans combat. Al-Zuhri a dit : Les biens de Banu al-Nadir étaient réservés exclusivement au Prophète ﷺ ; ils ne les ont pas conquis par la guerre, mais par capitulation. Le Prophète ﷺ les a partagés entre les émigrés. Il n’a rien donné aux Ansar sauf à deux hommes qui étaient dans le besoin

45

Rapporté par Omar ibn AbdulAziz : Al-Mughirah ibn Shu’bah a dit : Omar ibn AbdulAziz a rassemblé la famille de Marwan lorsqu’il a été nommé calife, et il a dit : « Fadak appartenait au Messager d’Allah ﷺ, et il en faisait des dons, faisant preuve de générosité envers les pauvres des Banu Hashim, et finançant les mariages de ceux qui n’étaient pas mariés. Fatimah lui a demandé de le lui donner, mais il a refusé. C’est ainsi que cela est resté du vivant du Messager d’Allah ﷺ jusqu’à sa mort. Quand Abu Bakr est devenu dirigeant, il l’a géré comme le Prophète ﷺ l’avait fait jusqu’à sa mort. Puis, quand Omar ibn al-Khattab est devenu dirigeant, il l’a géré comme eux jusqu’à sa mort. Ensuite, il a été donné à Marwan comme fief, puis il est revenu à Omar ibn AbdulAziz. Omar ibn AbdulAziz a dit : “Je considère que je n’ai aucun droit sur quelque chose que le Messager d’Allah ﷺ a refusé à Fatimah, et je vous prends à témoin que je le rends à son état initial, c’est-à-dire comme à l’époque du Messager d’Allah ﷺ.” » Abu Dawud a dit : Quand ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Aziz est devenu calife, ses revenus étaient de quarante mille dinars, et à sa mort, ils étaient de quatre cents dinars. S’il était resté en vie, cela aurait encore diminué

46

Rapporté par Abu Bakr رضي الله عنه : AbutTufayl a dit : Fatimah est venue voir Abu Bakr pour lui demander l’héritage du Prophète ﷺ. Abu Bakr a dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : “Si Allah, le Très-Haut, accorde à un Prophète des moyens de subsistance, cela revient à son successeur.” »

47

Rapporté par Abu Huraira رضي الله عنه : Le Prophète ﷺ a dit : « Ne distribuez pas de dinars entre mes héritiers : tout ce que je laisse après avoir pourvu à mes épouses et aux besoins de mon gestionnaire est une aumône (sadaqah). » Abu Dawud a dit : « ‘Amil » désigne les travailleurs ou cultivateurs de la terre

48

Rapporté par Omar ibn al-Khattab رضي الله عنه : AbulBakhtari a dit : J’ai entendu d’un homme un récit qui m’a plu. Je lui ai dit : « Écris-le-moi. » Il me l’a donc apporté clairement écrit. (Il disait) : Al-Abbas et Ali sont venus voir Omar alors que Talhah, az-Zubayr, AbdurRahman et Sa’d étaient avec lui. Ils (al-Abbas et Ali) étaient en désaccord. Omar a dit à Talhah, az-Zubayr, AbdurRahman et Sa’d : « Ne savez-vous pas que le Messager d’Allah ﷺ a dit : “Tous les biens du Prophète ﷺ sont une aumône (sadaqah), sauf ce qu’il a prévu pour sa famille pour leur subsistance et leurs vêtements. Nous ne sommes pas hérités.” » Ils ont répondu : « Oui, bien sûr. » Il a dit : « Le Messager d’Allah ﷺ avait l’habitude de dépenser de ses biens pour sa famille, et de donner le reste en aumône (sadaqah). Le Messager d’Allah ﷺ est ensuite décédé, et Abu Bakr a gouverné pendant deux ans. Il agissait de la même manière que le Messager d’Allah ﷺ. » Il a ensuite mentionné un extrait du récit de Malik ibn Aws

49

Rapporté par Aishah (la mère des croyants) رضي الله عنها : Lorsque le Messager d’Allah ﷺ est décédé, les épouses du Prophète ﷺ voulaient envoyer ‘Uthman ibn ‘Affan auprès d’Abu Bakr pour lui demander leur pension à partir de l’héritage du Prophète ﷺ. Aishah رضي الله عنها leur dit alors : Le Messager d’Allah ﷺ n’a-t-il pas dit : « Nous ne laissons pas d’héritage. Tout ce que nous laissons est une aumône » ?

50

Un récit similaire a été rapporté par Ibn Shihab par une autre chaîne de transmetteurs. Dans cette version, il est dit : J’ai dit : « Ne craignez-vous pas Allah ? N’avez-vous pas entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : “Nous ne laissons pas d’héritage. Tout ce que nous laissons est une aumône.” Ce bien appartient à la famille de Muhammad pour leurs besoins urgents et pour leurs invités. Quand je mourrai, il reviendra à celui qui sera le dirigeant après moi. »

51

Rapporté par Jubair ibn Mut’im رضي الله عنه : Lui et ‘Uthman ibn ‘Affan sont allés voir le Messager d’Allah ﷺ pour lui parler du cinquième (du butin) qu’il avait partagé entre les Banu Hisham et Abu ‘Abd al-Muttalib. J’ai dit : « Ô Messager d’Allah, tu as partagé (le cinquième) entre nos frères Banu ‘Abd al-Muttalib, mais tu ne nous as rien donné, alors que notre lien de parenté avec toi est le même que le leur. » Le Prophète ﷺ répondit : « Les Banu Hisham et les Banu ‘Abd al-Muttalib ne font qu’un. » Jubair précisa : Il n’a pas partagé le cinquième entre les Banu ‘Abd Shams et les Banu Nawfal comme il l’a fait pour les Banu Hashim et les Banu ‘Abd al-Muttalib. Il ajouta : Abu Bakr partageait le cinquième comme le faisait le Messager d’Allah ﷺ, sauf qu’il ne donnait pas aux proches du Messager d’Allah ﷺ comme lui le faisait. ‘Umar ibn al-Khattab et ‘Uthman après lui leur donnaient une part de ce cinquième

52

Rapporté par Jubair ibn Mu’tim رضي الله عنه : Le Messager d’Allah ﷺ n’a pas partagé le cinquième entre les Banu ‘Abd Shams et les Banu Nawfal comme il l’a fait pour les Banu Hashim et les Banu ‘Abd al-Muttalib. Il dit : Abu Bakr partageait (le cinquième) comme le Messager d’Allah ﷺ, sauf qu’il ne donnait pas aux proches du Messager d’Allah ﷺ comme le faisait le Prophète ﷺ. ‘Umar et ceux qui lui ont succédé leur donnaient (une part du cinquième)

53

Rapporté par Jubair ibn Mu’tim رضي الله عنه : Le jour de Khaybar, le Messager d’Allah ﷺ a attribué une part à ses proches parmi les Banu Hashim et les Banu ‘Abd al-Muttalib, et a laissé de côté les Banu Nawfal et les Banu ‘Abd Shams. Alors, ‘Uthman ibn ‘Affan et moi sommes allés voir le Prophète ﷺ et nous lui avons dit : « Ô Messager d’Allah, voici les Banu Hashim dont nous ne nions pas la supériorité, car Allah t’a accordé une place particulière parmi eux ; mais explique-nous pourquoi tu as donné aux Banu ‘Abd al-Muttalib alors que notre lien de parenté est le même que le leur. » Le Messager d’Allah ﷺ répondit : « Il n’y a pas de différence entre nous et les Banu ‘Abd al-Muttalib, ni avant l’islam ni après. Nous ne faisons qu’un. » Et il entrelaça ses doigts

54

En expliquant qui sont les proches du Prophète ﷺ, al-Saddi a dit : « Ce sont les Banu ‘Abd al-Muttalib. »

55

Rapporté par Abdullah ibn Abbas رضي الله عنه : Yazid ibn Hurmuz a dit que lorsque Najdah al-Haruri a accompli le hajj sous le règne d’Ibn az-Zubayr, il a envoyé quelqu’un demander à Ibn Abbas au sujet de la part des proches (dans le cinquième). Il demanda : « Pour qui penses-tu qu’elle est ? » Ibn Abbas répondit : « Pour les proches du Messager d’Allah ﷺ. Le Messager d’Allah ﷺ la leur a attribuée. ‘Umar nous l’a présentée mais nous avons estimé qu’elle était inférieure à notre droit. Nous l’avons donc refusée et rendue. »

56

Rapporté par ‘Abd al-Rahman ibn Abi Laila رضي الله عنه : J’ai entendu ‘Ali رضي الله عنه dire : Le Messager d’Allah ﷺ m’a attribué la part du cinquième (du butin). Je l’ai distribuée à ses bénéficiaires du vivant du Messager d’Allah ﷺ, d’Abu Bakr et de ‘Umar. Un jour, on a apporté un bien à ‘Umar et il m’a appelé en disant : « Prends-le. » J’ai répondu : « Je n’en veux pas. » Il a insisté : « Prends-le, tu y as droit. » J’ai dit : « Nous n’en avons pas besoin. » Alors il l’a déposé dans le trésor public

57

Rapporté par Ali ibn Abi Talib رضي الله عنه : Moi, al-Abbas, Fatimah et Zayd ibn Harithah nous sommes réunis auprès du Prophète ﷺ et j’ai dit : « Ô Messager d’Allah, si tu penses nous attribuer notre part dans ce cinquième (du butin), comme mentionné dans le Livre d’Allah, et que je la partage de ton vivant afin que personne ne me la conteste après toi, alors fais-le. » Il l’a fait. Il dit : « Je l’ai partagée du vivant du Messager d’Allah ﷺ. Abu Bakr me l’a ensuite attribuée. Vers la fin du califat de ‘Umar, beaucoup de biens sont arrivés et il a prélevé notre part. Je lui ai dit : “Cette année, nous sommes à l’aise, mais les musulmans sont dans le besoin, alors rends-leur cette part.” Il l’a donc rendue aux musulmans. Après ‘Umar, plus personne ne m’a appelé pour cela. Lorsque je suis sorti de chez ‘Umar, j’ai croisé al-Abbas qui m’a dit : “Ali, aujourd’hui tu nous as privés d’une chose qui ne nous sera jamais rendue.” Il était vraiment un homme sage. »

58

Rapporté par AbdulMuttalib ibn Rabi’ah ibn al-Harith رضي الله عنه : Son père, Rabi’ah ibn al-Harith, et Abbas ibn al-Muttalib dirent à AbdulMuttalib ibn Rabi’ah et à al-Fadl ibn Abbas : « Allez voir le Messager d’Allah ﷺ et dites-lui : Ô Messager d’Allah, nous sommes désormais en âge de nous marier, comme tu le vois, et nous souhaitons nous marier. Ô Messager d’Allah, tu es le plus bienveillant des gens et le meilleur pour unir les couples. Nos pères n’ont rien pour payer notre dot. Désigne-nous comme collecteurs de la zakat, ô Messager d’Allah, nous te donnerons ce que les autres collecteurs te donnent, et nous profiterons du reste. » Ali رضي الله عنه vint à nous alors que nous étions dans cette situation. Il dit : « Le Messager d’Allah ﷺ a dit : “Non, par Allah, il ne nommera aucun de vous collecteur de la zakat.” » Rabi’ah lui dit : « C’est ta situation ; tu as obtenu ce lien avec le Messager d’Allah ﷺ par le mariage, mais nous ne t’en avons pas voulu. » Ali posa alors son manteau à terre, s’allongea dessus et dit : « Je suis le père de Hasan, le chef. Par Allah, je ne quitterai pas cet endroit avant que vos fils ne reviennent avec une réponse à la question pour laquelle vous les avez envoyés voir le Prophète ﷺ. » AbdulMuttalib dit : « Al-Fadl et moi sommes allés vers la porte de l’appartement du Prophète ﷺ. Nous avons constaté que la prière du midi en groupe avait déjà commencé. Nous avons donc prié avec les gens. Ensuite, nous nous sommes précipités vers la porte de l’appartement du Prophète ﷺ. Ce jour-là, il était chez Zaynab, fille de Jahsh. Nous sommes restés debout jusqu’à ce que le Messager d’Allah ﷺ arrive. Il a attrapé mon oreille et celle d’al-Fadl, puis a dit : “Dites ce que vous avez sur le cœur.” Il est ensuite entré et nous a permis d’entrer. Nous sommes entrés, et un moment, nous nous sommes demandé qui parlerait. Finalement, j’ai parlé, ou c’est al-Fadl qui a parlé (le narrateur, Abdullah, n’était pas sûr). Il lui a exposé la demande pour laquelle nos pères nous avaient envoyés. Le Messager d’Allah ﷺ est resté silencieux un instant et a levé les yeux vers le plafond de la pièce. Il a pris tellement de temps que nous avons cru qu’il ne nous répondrait pas. Pendant ce temps, nous avons vu Zaynab nous faire signe de la main derrière le voile pour nous demander de patienter, car le Messager d’Allah ﷺ réfléchissait à notre demande. Puis il a baissé la tête et nous a dit : “Cette zakat est une impureté des biens des gens. Elle n’est pas licite pour Muhammad ni pour la famille de Muhammad. Appelez Nawfal ibn al-Harith.” Nawfal ibn al-Harith fut donc appelé. Il dit : “Nawfal, marie AbdulMuttalib à ta fille.” Nawfal me maria donc à sa fille. Le Prophète ﷺ dit ensuite : “Appelez Mahmiyyah ibn Jaz’i.” C’était un homme des Banu Zubayd que le Messager d’Allah ﷺ avait nommé collecteur du cinquième. Le Messager d’Allah ﷺ lui dit : “Marie al-Fadl à ta fille.” Il le fit. Le Messager d’Allah ﷺ dit alors : “Levez-vous et payez la dot de leur part à partir du cinquième, tant.” (Abdullah ibn al-Harith n’a pas précisé le montant de la dot)

59

Rapporté par Ali ibn Abi Talib رضي الله عنه : J’avais une vieille chamelle que j’avais reçue comme part du butin le jour de Badr. Le Messager d’Allah ﷺ m’a aussi donné une vieille chamelle du cinquième ce jour-là. Lorsque j’ai voulu me marier avec Fatimah, la fille du Messager d’Allah ﷺ, j’ai convenu avec un homme orfèvre des Banu Qaynuqa’ d’aller avec moi chercher de l’herbe à vendre, afin de financer mon repas de noces. Pendant que je rassemblais des selles, paniers et cordes pour mes vieilles chamelles, elles étaient assises dans un coin de la maison d’un homme des Ansar. Quand j’ai fini de préparer ce que j’avais rassemblé, je me suis retourné et j’ai vu que les bosses de mes chamelles avaient été coupées, leurs hanches percées et qu’elles étaient mortes. Je n’ai pas pu retenir mes larmes en voyant cela. J’ai demandé : « Qui a fait cela ? » Les gens ont répondu : « Hamzah ibn ‘Abd al-Muttalib. Il est parmi les buveurs de vin des Ansar dans cette maison. Une chanteuse chante pour lui et ses compagnons. En chantant, elle a dit : “Ô Hamzah, lève-toi vers ces grosses vieilles chamelles.” Alors il a pris une épée, a coupé leurs bosses, percé leurs hanches et en a sorti les foies. » Ali رضي الله عنه dit : « Je suis allé voir le Messager d’Allah ﷺ alors que Zayd ibn Harithah était avec lui. Le Messager d’Allah ﷺ a compris ce qui m’était arrivé et m’a demandé : “Qu’as-tu ?” J’ai dit : “Ô Messager d’Allah ﷺ, je n’ai jamais vu ce qui m’est arrivé aujourd’hui. Hamzah a abîmé mes chamelles, il a coupé leurs bosses, percé leurs hanches. Il est dans une maison avec des buveurs.” Le Messager d’Allah ﷺ a demandé son manteau, on le lui a apporté, puis il est sorti. Zayd ibn Harithah et moi l’avons suivi jusqu’à la maison où était Hamzah. Il a demandé la permission d’entrer et on la lui a accordée. Il a trouvé des buveurs à l’intérieur. Le Messager d’Allah ﷺ a commencé à réprimander Hamzah pour ce qu’il avait fait. Hamzah était ivre, les yeux rouges. Il a regardé le Messager d’Allah ﷺ, puis a levé les yeux vers ses genoux, puis vers son nombril, puis vers son visage. Hamzah a alors dit : “N’êtes-vous pas tous les esclaves de mon père ?” Le Messager d’Allah ﷺ a compris qu’il était ivre, alors il s’est retiré et nous sommes sortis avec lui

60

Rapporté par Umm al-Hakam ou Duba’ah, filles d’al-Zubair ibn ‘Abd al-Muttalib رضي الله عنهما : « Des captifs de guerre furent amenés au Messager d’Allah ﷺ. Ma sœur Fatimah, fille du Messager d’Allah ﷺ, et moi sommes allées nous plaindre à lui de notre situation. Nous lui avons demandé de nous donner des captifs. Le Messager d’Allah ﷺ répondit : “Les orphelins des gens tués à Badr sont venus avant vous (et ils ont demandé les captifs). Mais je vais vous dire quelque chose de meilleur : après chaque prière, dites : ‘Allah est le Plus Grand’ trente-trois fois, ‘Gloire à Allah’ trente-trois fois, ‘Louange à Allah’ trente-trois fois, et ‘Il n’y a de dieu qu’Allah, Seul, sans associé, à Lui la royauté, la louange et Il est capable de toute chose.’” Le narrateur Ayyash précisa : « Elles étaient les filles de l’oncle du Prophète ﷺ. »

61

Rapporté par Ibn A’bud رضي الله عنه : ‘Ali رضي الله عنه m’a dit : « Veux-tu que je te raconte ce qui s’est passé entre moi et Fatimah, la fille du Messager d’Allah ﷺ ? C’était la plus chère à son cœur parmi sa famille. » J’ai répondu : « Oui. » Il dit : « Elle a tellement tourné la meule à la main que cela lui a abîmé la main, elle a tellement porté d’eau que cela a marqué le haut de sa poitrine, elle a tellement balayé la maison que ses vêtements étaient sales. Le Prophète ﷺ a acquis des esclaves. J’ai alors dit : “Si seulement tu allais voir ton père pour lui demander un serviteur.” Elle s’est donc rendue chez lui, mais elle a trouvé des gens en train de lui parler, alors elle est repartie. Le lendemain, elle y est retournée. Il lui demanda : “Quel est ton besoin ?” Mais elle garda le silence. J’ai alors dit : “Je vais t’expliquer, ô Messager d’Allah ﷺ. Elle a tellement tourné la meule que cela lui a abîmé la main, elle a tellement porté d’eau que cela a marqué sa poitrine. Quand tu as eu des esclaves, je lui ai conseillé de venir te demander un serviteur pour l’aider dans ses tâches.” Il répondit : “Crains Allah, Fatimah, accomplis ton devoir envers ton Seigneur et fais le travail de ta famille. Quand vous allez au lit, dites : ‘Gloire à Allah’ trente-trois fois, ‘Louange à Allah’ trente-trois fois, ‘Allah est le Plus Grand’ trente-quatre fois. Cela fait cent fois. Ce sera meilleur pour toi qu’un serviteur.” Elle dit : “Je suis satisfaite d’Allah, le Très-Haut, et de Son Messager ﷺ.” »

62

Le récit ci-dessus a aussi été transmis par ‘Ali ibn Hussain رضي الله عنه à travers une autre chaîne de narrateurs. Cette version précise : « Le Prophète ﷺ ne lui a pas donné de serviteur. »

63

Rapporté par Mujja’ah ibn Mirarah al-Yamani رضي الله عنه : Mujja’ah est allé voir le Prophète ﷺ pour lui demander le prix du sang de son frère, tué par les Banu Sadus des Banu Dhuhl. Le Prophète ﷺ dit : « Si j’avais fixé un prix du sang pour un polythéiste, je l’aurais fixé pour ton frère. Mais je vais te donner une compensation. » Le Prophète ﷺ lui écrivit alors un document lui accordant cent chameaux à prélever sur le cinquième pris aux polythéistes des Banu Dhuhl. Il en reçut une partie, car les Banu Dhuhl embrassèrent l’islam. Plus tard, il demanda à Abu Bakr cette compensation, en apportant le document du Prophète ﷺ. Abu Bakr lui écrivit alors de recevoir mille deux cents sa’ de la zakat d’al-Yamamah : quatre mille sa’ de blé, quatre mille sa’ d’orge et quatre mille sa’ de dattes. Le texte du document écrit par le Prophète ﷺ pour Mujja’ah était : « Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ceci est un document de Muhammad, le Prophète, pour Mujja’ah ibn Mirarah des Banu Sulma. Je lui ai donné cent chameaux du premier cinquième prélevé sur les polythéistes des Banu Dhuhl en compensation pour son frère. »

64

‘Amir al-Sha’bi a dit : « Le Prophète ﷺ avait une part spéciale dans le butin appelée safi. Cela pouvait être un esclave s’il le voulait, une esclave s’il le voulait, ou un cheval s’il le voulait. Il la choisissait avant de prélever le cinquième. »

65

Ibn ‘Awn a dit : « J’ai demandé à Muhammad au sujet de la part du Prophète ﷺ et du safi. Il a répondu : “Une part lui était attribuée avec les musulmans, même s’il ne participait pas à la bataille, et le safi (part spéciale) était prélevé du cinquième avant toute chose.” »

66

Qatadah a dit : « Quand le Messager d’Allah ﷺ participait à une bataille, il avait une part spéciale qu’il prenait là où il le voulait. Safiyyah faisait partie de cette part. Mais quand il ne participait pas lui-même à la bataille, une part lui était attribuée, mais il n’avait pas le choix. »

67

Rapporté par Aishah (la mère des croyants) رضي الله عنها : « Safiyyah a été appelée ainsi à cause du mot safi (part spéciale du Prophète). »

68

Rapporté par Anas ibn Malik رضي الله عنه : « Nous sommes arrivés à Khaybar. Nous avons remporté la victoire sur la forteresse. On a parlé au Prophète ﷺ de la beauté de Safiyyah, fille de Huyayy. Son mari avait été tué (dans la bataille) et elle était une jeune mariée. Le Messager d’Allah ﷺ l’a choisie pour lui-même. Il est parti avec elle jusqu’à ce que nous arrivions à Sadd al-Sahba’, où elle s’est purifiée. Il a alors eu des rapports avec elle. »

69

Rapporté par Anas ibn Malik رضي الله عنه : « Safiyyah fut d’abord attribuée à Dihyat al-Kalbi, puis elle revint au Messager d’Allah ﷺ. »

70

Rapporté par Anas رضي الله عنه : « Une belle esclave fut attribuée à Dihyah. Le Messager d’Allah ﷺ l’a achetée contre sept esclaves. Il l’a ensuite confiée à Umm Sulaim pour qu’elle la prépare et l’embellisse pour le mariage. Le narrateur Hammad a dit : Je pense qu’il a dit : “Safiyyah, fille de Huyayy, devait passer sa période d’attente dans la maison d’Umm Sulaim.” »

71

Rapporté par Anas رضي الله عنه : « Des captifs furent rassemblés à Khaybar. Dihyah est venu et a dit : “Ô Messager d’Allah ﷺ, donne-moi une esclave parmi les captives.” Il répondit : “Va et prends une esclave.” Il prit Safiyyah, fille de Huyayy. Un homme vint alors voir le Prophète ﷺ et dit : “Tu as donné Safiyyah, fille de Huyayy, la principale dame de Quraizah et al-Nadir, à Dihyah ?” (Selon la version de Ya’qub.) Puis la version commune dit : “Elle te convient mieux.” Il dit : “Faites-le venir avec elle.” Quand le Prophète ﷺ la vit, il dit à Dihyah : “Prends une autre esclave parmi les captives.” Le Prophète ﷺ l’a ensuite affranchie et l’a épousée. »

72

Rapporté par Yazid ibn Abdullah رضي الله عنه : Nous étions à Mirbad. Un homme aux cheveux ébouriffés, tenant un morceau de cuir rouge à la main, arriva. Nous lui avons dit : « Tu sembles être un bédouin. » Il répondit : « Oui. » Nous avons dit : « Donne-nous ce morceau de cuir que tu tiens. » Il nous l’a alors donné, et nous l’avons lu. Il y était écrit : « De Muhammad, Messager d’Allah ﷺ, aux Banu Zuhayr ibn Uqaysh. Si vous attestez qu’il n’y a de dieu qu’Allah, que Muhammad est le Messager d’Allah, que vous accomplissez la prière, payez la zakat, donnez le cinquième du butin, la part du Prophète ﷺ et sa part spéciale (safi), vous serez sous la protection d’Allah et de Son Messager. » Nous avons alors demandé : « Qui t’a écrit ce document ? » Il répondit : « Le Messager d’Allah ﷺ. »

73

Rapporté par Ka’ab ibn Malik رضي الله عنه, l’un de ceux dont le repentir a été accepté : « Ka’ab ibn al-Ashraf satirisait le Prophète ﷺ et incitait les mécréants de Quraysh contre lui. Lorsque le Prophète ﷺ arriva à Médine, ses habitants étaient mélangés : certains étaient musulmans, d’autres polythéistes adorant des idoles, et d’autres juifs. Ils faisaient du tort au Prophète ﷺ et à ses compagnons. Alors Allah, le Très-Haut, ordonna à Son Prophète de faire preuve de patience et de pardon. Allah révéla à leur sujet : “Et vous entendrez sûrement beaucoup de choses qui vous peineront de la part de ceux qui ont reçu le Livre avant vous.” Lorsque Ka’ab ibn al-Ashraf refusa de cesser de nuire au Prophète ﷺ, le Prophète ﷺ ordonna à Sa’d ibn Mu’adh d’envoyer un groupe pour le tuer. Il envoya Muhammad ibn Maslamah et raconta l’histoire de son assassinat. Lorsqu’ils le tuèrent, les juifs et les polythéistes furent effrayés. Le lendemain, ils vinrent voir le Prophète ﷺ et dirent : “Nos compagnons ont été attaqués et tués pendant la nuit.” Le Prophète ﷺ leur répondit ce qu’il avait à dire. Il les convoqua alors pour rédiger un acte d’accord entre lui et eux, afin qu’ils respectent ses conditions et cessent de lui nuire. Il rédigea alors un acte d’accord entre lui, eux et l’ensemble des musulmans

74

Rapporté par Ibn ‘Abbas رضي الله عنه : « Lorsque le Messager d’Allah ﷺ a vaincu les Quraysh lors de la bataille de Badr et est arrivé à Médine, il a rassemblé les Juifs au marché des Banu Qaynuqa et leur a dit : “Ô communauté juive, acceptez l’islam avant de subir un malheur comme celui qu’ont connu les Quraysh.” Ils ont répondu : “Muhammad, ne te laisse pas tromper en pensant que tu as tué quelques hommes des Quraysh qui étaient inexpérimentés et ne savaient pas se battre. Si tu avais combattu contre nous, tu aurais vu ce dont nous sommes capables. Tu n’as jamais affronté des gens comme nous.” Allah le Très-Haut a alors révélé ce verset : « Dis à ceux qui rejettent la foi : ‘Bientôt vous serez vaincus…’ Un groupe combattait pour la cause d’Allah, l’autre résistait à Allah. » »

75

Rapporté par Muhayyisah رضي الله عنه : Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Si vous remportez la victoire sur les hommes juifs, tuez-les. » Muhayyisah s’est alors jeté sur Shubaybah, un homme parmi les marchands juifs avec qui il avait des liens proches, et il l’a tué. À ce moment-là, Huwayyisah, le frère de Muhayyisah, n’était pas encore musulman et il était plus âgé que lui. Quand Muhayyisah a tué Shubaybah, Huwayyisah l’a frappé et a dit : « Ô ennemi d’Allah, par Allah, tu as bien profité de ses biens, vu la graisse que tu as dans le ventre grâce à lui. »

76

Rapporté par Abu Huraira رضي الله عنه : Alors que nous étions dans la mosquée, le Messager d’Allah ﷺ est sorti et a dit : « Venez avec moi voir les Juifs. » Nous sommes donc sortis avec lui et nous sommes allés les voir. Le Messager d’Allah ﷺ s’est levé, les a appelés et a dit : « Si vous, communauté juive, acceptez l’islam, vous serez en sécurité. » Ils ont répondu : « Tu as transmis le message, Abu Al-Qasim. » Le Messager d’Allah ﷺ a répété : « Acceptez l’islam et vous serez en sécurité. » Ils ont répondu : « Tu as transmis le message, Abu Al-Qasim. » Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « C’est ce que je voulais. » Puis il a dit une troisième fois : « Sachez que la terre appartient à Allah et à Son Messager, et j’ai l’intention de vous expulser de cette terre. Donc, si l’un d’entre vous possède un bien (qu’il ne peut pas emporter), il doit le vendre, sinon sachez que la terre appartient à Allah et à Son Messager ﷺ. »

77

Rapporté par AbdurRahman ibn Ka'b ibn Malik, d’après un homme parmi les compagnons du Prophète ﷺ : Les polythéistes de Quraysh ont écrit une lettre à Ibn Ubayy et à ceux qui adoraient les idoles parmi les Aws et les Khazraj, alors que le Messager d’Allah ﷺ était à Médine avant la bataille de Badr. Ils ont écrit : « Vous avez donné refuge à notre compagnon. Par Allah, vous devez le combattre ou l’expulser, sinon nous viendrons à vous en force jusqu’à tuer vos combattants et prendre vos femmes. » Quand cette nouvelle est parvenue à Abdullah ibn Ubayy et à ceux qui adoraient les idoles avec lui, ils se sont rassemblés pour combattre le Messager d’Allah ﷺ. Lorsque le Prophète ﷺ a appris cela, il est venu les voir et a dit : « La menace des Quraysh envers vous est terminée. Ils ne peuvent rien comploter contre vous de plus grave que ce que vous aviez vous-mêmes prévu. Voulez-vous combattre vos propres fils et frères ? » En entendant cela du Prophète ﷺ, ils se sont dispersés. Cela est parvenu aux Quraysh, qui ont alors écrit une nouvelle lettre aux Juifs après la bataille de Badr : « Vous êtes des hommes armés et protégés. Vous devez combattre notre compagnon ou nous agirons contre vous d’une certaine manière, et rien ne nous empêchera d’atteindre vos femmes. » Quand leur lettre est parvenue au Prophète ﷺ, ils ont réuni les Banu an-Nadir pour rompre le pacte. Ils ont envoyé un message au Prophète ﷺ : « Viens à nous avec trente de tes compagnons, et trente de nos rabbins viendront aussi, pour que nous nous rencontrions en un lieu central où ils t’écouteront. S’ils témoignent en ta faveur et croient en toi, nous croirons en toi. » Le narrateur a ensuite raconté toute l’histoire. Le lendemain matin, le Messager d’Allah ﷺ est sorti avec une armée et les a assiégés. Il leur a dit : « Par Allah, vous n’aurez pas la paix avec moi tant que vous ne conclurez pas un traité avec moi. » Mais ils ont refusé, alors il les a combattus ce jour-là. Ensuite, il a attaqué Banu Quraysh avec une armée le matin, et a laissé Banu an-Nadir. Il leur a demandé de signer un traité, ce qu’ils ont fait. Il s’est alors détourné d’eux et a attaqué Banu an-Nadir avec une armée. Il les a combattus jusqu’à ce qu’ils acceptent l’expulsion. Les Banu an-Nadir ont été expulsés et ont emporté tout ce que leurs chameaux pouvaient transporter : leurs biens, les portes de leurs maisons, et leur bois. Les palmiers ont été exclusivement réservés au Messager d’Allah ﷺ. Allah les lui a accordés comme part spéciale. Il (Allah), le Très-Haut, a dit : « Ce qu’Allah a accordé à Son Messager (et pris d’eux), vous n’avez pas eu besoin de faire d’expédition avec cavalerie ou chamellerie. » Il a dit : « Sans combat. » Le Prophète ﷺ en a donné la plus grande partie aux émigrés et l’a partagée entre eux ; il en a donné une partie à deux hommes parmi les auxiliaires qui étaient dans le besoin, et il n’en a donné à aucun autre auxiliaire sauf à ces deux-là. Le reste est resté comme aumône du Messager d’Allah ﷺ, qui est entre les mains des descendants de Fatimah رضي الله عنها

78

Rapporté par Ibn ‘Umar رضي الله عنه : « Les Juifs de Banu an-Nadir et de Qurayzah ont combattu contre le Messager d’Allah ﷺ, alors il a expulsé les Banu an-Nadir et a permis aux Qurayzah de rester et leur a accordé sa faveur. Plus tard, les Qurayzah ont aussi combattu (contre le Prophète). Il a donc tué leurs hommes et a réparti leurs femmes, leurs biens et leurs enfants parmi les musulmans, sauf certains d’entre eux qui se sont alliés au Messager d’Allah ﷺ. Il leur a accordé sa protection et, plus tard, ils ont embrassé l’islam. Le Messager d’Allah ﷺ a expulsé tous les Juifs de Médine, y compris les Banu Qaynuqa, qui étaient le peuple de ‘Abd Allah bin Salam, les Juifs de Banu Harith et tous les Juifs qui résidaient à Médine. »

79

Rapporté par Abdullah Ibn Umar رضي الله عنه : Le Prophète ﷺ a combattu les habitants de Khaybar, a pris possession de leurs palmeraies et de leurs terres, et les a forcés à rester dans leurs forteresses. Ils ont alors conclu un traité de paix stipulant que l’or, l’argent et les armes iraient au Messager d’Allah ﷺ, et que tout ce qu’ils emporteraient sur leurs chameaux leur appartiendrait, à condition de ne rien cacher ni emporter en secret. S’ils le faisaient, ils n’auraient plus de protection ni de traité avec les musulmans. Ils ont emporté une bourse de Huyayy ibn Akhtab, qui avait été tué avant la bataille de Khaybar. Il avait pris les bijoux des Banu an-Nadir lors de leur expulsion. Le Prophète ﷺ a demandé à Sa’yah : « Où est la bourse de Huyayy ibn Akhtab ? » Il a répondu : « Le contenu de cette bourse a été dépensé dans les batailles et pour d’autres besoins. » Plus tard, ils ont retrouvé la bourse. Alors il a tué Ibn AbulHuqayq, capturé leurs femmes et enfants, et a voulu les expulser. Ils ont dit : « Muhammad, laisse-nous travailler cette terre ; nous aurons la moitié de la récolte comme tu le souhaites, et tu auras l’autre moitié. » Le Messager d’Allah ﷺ donnait à chacune de ses femmes une contribution de quatre-vingts wasqs de dattes et vingt wasqs de blé

80

Rapporté par Abdullah ibn Umar رضي الله عنه : Omar رضي الله عنه a dit : « Le Messager d’Allah ﷺ avait conclu un accord avec les Juifs de Khaybar selon lequel nous pouvions les expulser quand nous le voudrions. Si quelqu’un a des biens chez eux, il doit les récupérer, car je vais expulser les Juifs. » Il les a donc expulsés

81

Rapporté par ‘Abd Allah bin ‘Umar رضي الله عنه : Omar رضي الله عنه a dit : « Lorsque Khaybar a été conquise, les Juifs ont demandé au Messager d’Allah ﷺ de leur permettre de cultiver la terre et de recevoir la moitié de la récolte. Le Messager d’Allah ﷺ a dit : “Je vous l’accorde tant que nous le voudrons.” Ils ont donc été confirmés dans cet accord. Les dattes provenant de la moitié de la production de Khaybar étaient partagées en plusieurs parts. Le Messager d’Allah ﷺ prenait le cinquième. Il donnait à chacune de ses femmes cent wasqs de dattes et vingt wasqs de blé provenant du cinquième. Quand Omar a voulu expulser les Juifs de Khaybar, il a envoyé un message aux femmes du Prophète ﷺ et leur a dit : “Si l’une d’entre vous souhaite que je lui attribue les palmiers selon leur estimation, soit cent wasqs de dattes, avec la terre et l’eau, et vingt wasqs de la récolte des terres cultivées, je le ferai. Et si l’une d’entre vous préfère que je lui donne sa part du cinquième, je le ferai aussi.” »

82

Rapporté par Anas bin Malik رضي الله عنه : « Le Messager d’Allah ﷺ a attaqué Khaybar et nous l’avons conquise. Il a ensuite rassemblé les prisonniers de guerre. »

83

Rapporté par Sahl bin Abi Hathmah رضي الله عنه : « Le Messager d’Allah ﷺ a partagé Khaybar en deux moitiés. Une moitié était réservée à ses besoins urgents et à ses nécessités, l’autre moitié était destinée aux musulmans. Il l’a répartie entre eux en dix-huit parts. »

84

Rapporté par Bashir bin Yasar رضي الله عنه, qui a entendu plusieurs compagnons du Prophète ﷺ dire : Il a ensuite rapporté la tradition mentionnée ci-dessus. Il a dit : « Une moitié comprenait les parts des musulmans et la part du Messager d’Allah ﷺ. Il a réservé l’autre moitié pour les musulmans en cas de calamité ou de besoin urgent. »

85

Rapporté par un groupe de compagnons du Prophète ﷺ, selon Bashir ibn Yasar, affranchi des Ansar : Lorsque le Messager d’Allah ﷺ a conquis Khaybar, il l’a divisée en trente-six lots, chaque lot comprenant cent parts. La moitié était pour le Messager d’Allah ﷺ et pour les musulmans ; il a réservé l’autre moitié pour les délégations qui venaient le voir, pour d’autres affaires et pour les besoins urgents de la communauté

86

Rapporté par Bashir bin Yasar رضي الله عنه : « Lorsque Allah a accordé Khaybar à Son Prophète ﷺ comme butin (fay’), il l’a divisée en trente-six lots. Chaque lot comprenait cent parts. Il en a réservé la moitié pour ses besoins urgents et pour tout ce qui pouvait lui arriver. Al Watih, Al Kutaibah, Al Salalim et tout ce qui a été acquis avec eux. Il a séparé l’autre moitié et a partagé Al Shaqq, Nata’ et ce qui a été acquis avec eux. La part du Messager d’Allah ﷺ se trouvait dans les biens acquis avec eux. »

87

Rapporté par Bashir ibn Yasar رضي الله عنه : Lorsque Allah a accordé Khaybar au Messager d’Allah ﷺ comme fay’ (butin sans combat), il a tout divisé en trente-six lots. Il a mis de côté une moitié, soit dix-huit lots, pour les musulmans. Chaque lot comprenait cent parts, et le Prophète ﷺ avait une part comme l’un d’eux. Le Messager d’Allah ﷺ a réservé dix-huit lots, c’est-à-dire la moitié, pour ses besoins futurs et pour tout ce qui pouvait arriver aux musulmans. Cela comprenait al-Watih, al-Kutaybah, as-Salalim et leurs dépendances. Quand tous ces biens sont revenus au Prophète ﷺ et aux musulmans, ils n’avaient pas assez de travailleurs pour les exploiter. Le Messager d’Allah ﷺ a donc embauché des Juifs sous contrat

88

Rapporté par Mujammi' ibn Jariyah al-Ansari رضي الله عنه : Khaybar a été partagée entre les gens d’al-Hudaybiyyah. Le Messager d’Allah ﷺ l’a divisée en dix-huit parts. L’armée comptait mille cinq cents hommes, dont trois cents cavaliers. Il a donné une double part aux cavaliers et une part simple aux fantassins

89

Rapporté par Abdullah ibn AbuBakr رضي الله عنه et certains enfants de Muhammad ibn Maslamah : Il restait des habitants de Khaybar qui s’étaient réfugiés dans les forteresses. Ils ont demandé au Messager d’Allah ﷺ de leur garantir la vie sauve et de les laisser partir. Il a accepté. Les gens de Fadak ont entendu cela et ont fait de même. Fadak a donc été exclusivement réservé au Messager d’Allah ﷺ, car il n’a pas été conquis par une expédition de cavalerie ou de chamellerie

90

Rapporté par Sa’id bin Al Musayyab رضي الله عنه : « Le Messager d’Allah ﷺ a conquis une partie de Khaybar par la force. » Abu Dawud a dit : « Cette tradition a été lue à Al Harith bin Miskin en ma présence. » Ibn Wahb a dit : « Malik m’a rapporté d’après Ibn Shihab que Khaybar a été conquise en partie par la force et en partie par un accord de paix. La plus grande partie d’Al Kutaibah a été conquise par la force, et une partie par la paix. » J’ai demandé à Malik : « Qu’est-ce qu’Al Kutaibah ? » Il a répondu : « C’est la terre de Khaybar. Elle avait quarante mille palmiers. »

91

Rapporté par Ibn Shihab رضي الله عنه : « Il m’est parvenu que le Messager d’Allah ﷺ a conquis Khaybar par la force. Ses habitants qui sont descendus de leur forteresse pour être expulsés l’ont fait après avoir combattu. »

92

Rapporté par Ibn Shihab رضي الله عنه : Le Messager d’Allah ﷺ a prélevé son cinquième sur le butin de Khaybar, et il a partagé le reste entre ceux qui ont assisté à la bataille et ceux qui étaient absents mais avaient participé à l’expédition d’al-Hudaybiyyah

93

Rapporté par ‘Umar رضي الله عنه : « Si je ne pensais pas au dernier musulman, j’aurais partagé chaque ville conquise comme le Messager d’Allah ﷺ l’a fait pour Khaybar. »

94

Rapporté par Abdullah ibn Abbas رضي الله عنه : Al-Abbas ibn AbdulMuttalib a amené Abu Sufyan ibn Harb au Messager d’Allah ﷺ l’année de la conquête (de La Mecque). Abu Sufyan a embrassé l’islam à Marr az-Zahran. Al-Abbas a dit au Prophète ﷺ : « Ô Messager d’Allah, Abu Sufyan est un homme qui aime se distinguer, peux-tu faire quelque chose pour lui ? » Il a répondu : « Oui, celui qui entre dans la maison d’Abu Sufyan sera en sécurité, et celui qui ferme sa porte sera en sécurité. »

95

Rapporté par Abdullah Ibn Abbas رضي الله عنه : Lorsque le Prophète ﷺ s’est arrêté à Marr az-Zahran, Al-Abbas a dit : « J’ai pensé, par Allah, que si le Messager d’Allah ﷺ entrait à La Mecque avec l’armée par la force avant que les Quraysh ne viennent à lui demander sa protection, ce serait leur perte totale. J’ai donc monté la mule du Messager d’Allah ﷺ en me disant : Peut-être trouverai-je quelqu’un qui ira prévenir les gens de La Mecque de la situation du Messager d’Allah ﷺ, afin qu’ils viennent lui demander sa protection. En chemin, j’ai entendu Abu Sufyan et Budayl ibn Warqa’ parler. J’ai dit : “Ô Abu Hanzalah !” Il a reconnu ma voix et a dit : “Abul Fadl ?” J’ai répondu : “Oui.” Il a demandé : “Qui est avec toi, que mes parents te soient sacrifiés ?” J’ai dit : “Voici le Messager d’Allah ﷺ et son peuple avec lui.” Il a demandé : “Quelle est la voie de sortie ?” Il est monté derrière moi, et son compagnon est reparti. Le matin venu, je l’ai amené au Messager d’Allah ﷺ et il a embrassé l’islam. J’ai dit : “Ô Messager d’Allah, Abu Sufyan est un homme qui aime se distinguer, fais quelque chose pour lui.” Il a répondu : “Oui, celui qui entre dans la maison d’Abu Sufyan est en sécurité ; celui qui ferme sa porte sur lui est en sécurité ; et celui qui entre dans la mosquée est en sécurité.” Les gens se sont alors dispersés dans leurs maisons et dans la mosquée. »

96

Rapporté par Wahb bin Munabbih رضي الله عنه : J’ai demandé à Jabir رضي الله عنه : « Ont-ils obtenu un butin le jour de la conquête (de La Mecque) ? » Il a répondu : « Non. »

97

Rapporté par Abu Huraira رضي الله عنه : « Lorsque le Prophète ﷺ est entré à La Mecque, il a laissé Al-Zubair bin Al-Awwam, Abu ‘Ubaidah bin Al-Jarrah et Khalid bin Al-Walid à cheval, puis il a dit : “Abu Huraira, appelle les Ansar.” Il a dit : “Allez par ici. Quiconque se présente devant vous, tuez-le.” Un homme a dit : “Les Quraysh n’existeront plus après aujourd’hui.” Le Messager d’Allah ﷺ a dit : “Celui qui entre dans une maison est en sécurité, celui qui jette son arme est en sécurité.” Les chefs des Quraysh ont voulu se réfugier dans la Ka’bah, ils y sont entrés et elle était pleine d’eux. Le Prophète ﷺ a fait le tour de la Ka’bah et a prié derrière la station. Puis il a tenu les côtés de la porte (de la Ka’bah). Les gens sont sortis et ont prêté serment d’allégeance au Prophète ﷺ pour l’islam. » Abu Dawud a dit : « J’ai entendu Ahmad bin Hanbal, interrogé par un homme : “La Mecque a-t-elle été prise par la force ?” Il a répondu : “En quoi cela te dérange-t-il, peu importe comment ?” L’homme a dit : “Alors, par la paix ?” Il a répondu : “Non.” »

98

Rapporté par Jabir ibn Abdullah رضي الله عنه : Wahb a dit : « J’ai demandé à Jabir au sujet de la tribu de Thaqif lorsqu’ils ont prêté serment d’allégeance. Il a dit : “Ils ont posé comme condition au Prophète ﷺ qu’il n’y ait ni aumône (zakat) ni jihad (combat dans la voie d’Allah) pour eux.” Il a ensuite entendu le Prophète ﷺ dire : “Plus tard, ils donneront l’aumône (zakat) et combattront dans la voie d’Allah lorsqu’ils embrasseront l’islam.” »

99

Rapporté par Uthman ibn Abul'As : Lorsque la délégation de Thaqif est venue voir le Messager d’Allah ﷺ, il les a fait rester dans la mosquée afin d’attendrir leurs cœurs. Ils ont posé comme condition de ne pas être appelés à participer au jihad, de ne pas payer la zakat et de ne pas faire la prière. Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Vous pouvez bénéficier de la dispense concernant le jihad et la zakat, mais il n’y a aucun bien dans une religion sans inclinaison (c’est-à-dire sans prière). »

100

Rapporté par Amir ibn Shahr : Quand le Messager d’Allah ﷺ a été envoyé comme prophète, Hamdan m’a dit : « Veux-tu aller voir cet homme et négocier pour nous avec lui ? Si tu acceptes quelque chose, nous l’accepterons, et si tu refuses quelque chose, nous le refuserons. » J’ai accepté. Je suis donc allé voir le Messager d’Allah ﷺ. J’ai apprécié sa démarche et mon peuple a embrassé l’islam. Le Messager d’Allah ﷺ a rédigé un document pour Umayr Dhu Marran. Il a aussi envoyé Malik ibn Murarah ar-Rahawi à tout le Yémen. Akk Dhu Khaywan a alors embrassé l’islam. On a dit à Akk : « Va voir le Messager d’Allah ﷺ et obtiens sa protection pour ta ville et tes biens. » Il est donc allé le voir et le Messager d’Allah ﷺ a écrit un document pour lui : « Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De Muhammad, le Messager d’Allah, à Akk Dhu Khaywan. S’il est sincère, sa terre, ses biens et son esclave bénéficient de la sécurité et de la protection d’Allah et de Muhammad, le Messager d’Allah. » Rédigé par Khalid ibn Sa’id ibn al-‘As

101

Rapporté par Abyad ibn Hammal : Abyad a parlé au Messager d’Allah ﷺ au sujet de la sadaqah lorsqu’il est venu avec une délégation. Il lui a répondu : « Ô frère de Saba’, la sadaqah est inévitable. » Il a dit : « Nous cultivons du coton, Messager d’Allah. Les gens de Saba’ se sont dispersés, il n’en reste que quelques-uns à Ma’arib. » Il a donc conclu un accord de paix avec le Messager d’Allah ﷺ pour donner chaque année soixante-dix habits, équivalents à la valeur des vêtements yéménites appelés al-mu’afir, au nom des gens de Saba’ restés à Ma’arib. Ils ont continué à les donner jusqu’à la mort du Messager d’Allah ﷺ. Les gouverneurs après sa mort ont rompu l’accord conclu par Abyad ibn Hammal avec le Messager d’Allah ﷺ pour donner soixante-dix habits. Abu Bakr a ensuite rétabli cet accord comme le faisait le Messager d’Allah ﷺ, jusqu’à sa propre mort. Après la mort d’Abu Bakr, l’accord a cessé et la sadaqah a été prélevée

102

Ibn ‘Abbas a dit que le Prophète ﷺ a donné trois instructions en disant : « Expulsez les polythéistes d’Arabie, récompensez les délégations comme je l’ai fait. » Ibn ‘Abbas a dit : « Soit il n’a pas mentionné la troisième, soit j’ai oublié. » Al Humaidi a rapporté d’après Sufyan que Sulaiman a dit : « Je ne sais pas si Sa’id a mentionné la troisième et que j’ai oublié, ou s’il ne l’a pas mentionnée. »

103

Jabir ibn ‘Abd Allah a dit que ‘Umar ibn Al Khattab lui a raconté avoir entendu l’Envoyé d’Allah ﷺ dire : « J’expulserai certainement les Juifs et les Chrétiens d’Arabie et je n’y laisserai que des musulmans. »

104

La tradition mentionnée ci-dessus a aussi été transmise par ‘Umar à travers une autre chaîne de rapporteurs. Il a dit : « L’Envoyé d’Allah ﷺ a dit la même chose. La version précédente est plus complète. »

105

Rapporté par Abdullah ibn Abbas : Le Prophète ﷺ a dit : « Il n’est pas correct d’avoir deux qiblahs dans un même pays. »

106

Sa’id ibn Abd Al ‘Aziz a dit : « L’Arabie s’étend d’Al Wadi jusqu’aux confins du Yémen, jusqu’aux frontières de l’Irak et à la mer. » Abu Dawud a dit : « Cette tradition a été lue à Al Harith ibn Miskin en ma présence. » Ashhab ibn ‘Abd Al Aziz vous l’a rapportée d’après Malik, qui a dit que ‘Umar a expulsé les gens de Najran, mais pas ceux de Taima, car cette ville ne faisait pas partie du territoire de l’Arabie. Quant à Al Wadi, je pense que les Juifs n’en ont pas été expulsés. Ils ne considéraient pas cet endroit comme faisant partie de l’Arabie

107

Malik a dit : « ‘Umar a expulsé les Juifs de Najran et de Fadak. »

108

Abu Huraira رضي الله عنه a rapporté que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « L’Irak retiendra sa mesure (qafiz) et son dirham. La Syrie retiendra sa mesure (mudi) et son dinar. L’Égypte retiendra sa mesure (irdabb) et son dinar. Ensuite, vous reviendrez à la situation où vous avez commencé. » Zuhair a répété cela trois fois. La chair et le sang d’Abu Huraira en ont été témoins

109

Abu Huraira رضي الله عنه a rapporté que l’Envoyé d’Allah ﷺ a dit : « Dans toute ville où vous arriverez et séjournerez, vous aurez votre part. Mais dans toute ville qui désobéit à Allah et à Son Messager, un cinquième de ce qui s’y trouve revient à Allah et à Son Messager, et le reste est pour vous. »

110

Rapporté par Anas ibn Malik et Uthman ibn Abu Sulayman : Le Prophète ﷺ a envoyé Khalid ibn al-Walid auprès d’Ukaydir de Dumah. Il a été capturé et amené devant lui (c’est-à-dire le Prophète). Celui-ci lui a épargné la vie et a conclu la paix avec lui à condition qu’il paie la jizyah (impôt)

111

Rapporté par Mu’adh ibn Jabal : Lorsque le Prophète ﷺ l’a envoyé au Yémen, il lui a ordonné de prélever sur chaque personne ayant atteint la puberté un dinar ou l’équivalent en vêtement mu’afiri d’origine yéménite

112

Une tradition similaire du Prophète ﷺ a aussi été transmise par Mu’adh à travers une autre chaîne de rapporteurs

113

‘Ali a dit : « Si je survis pour les chrétiens de Banu Taghlib, je tuerai les combattants et ferai prisonniers les enfants, car j’avais rédigé un document entre eux et le Prophète ﷺ stipulant qu’ils ne devaient pas faire de leurs enfants des chrétiens. » Abu Dawud a dit : « Ceci est une tradition rejetée (munkar) et il m’est parvenu d’Ahmad (bin Hanbal) qu’il la rejetait fortement. Abu ‘Ali a dit : “Abu Dawud n’a pas présenté cette tradition lors de sa seconde lecture.” »

114

Rapporté par Abdullah ibn Abbas : Le Messager d’Allah ﷺ a conclu un accord de paix avec les gens de Najran à condition qu’ils versent aux musulmans deux mille habits, la moitié en Safar et l’autre moitié en Rajab, et qu’ils prêtent aux musulmans trente cottes de mailles, trente chevaux, trente chameaux et trente armes de chaque type utilisé au combat. Les musulmans devront leur garantir la restitution de ces objets en cas de complot ou de trahison au Yémen. Aucune de leurs églises ne sera détruite et aucun de leurs religieux ne sera expulsé. Leur religion ne sera pas interrompue tant qu’ils n’apporteront rien de nouveau ou ne pratiqueront pas l’usure. Isma’il a dit : Ils ont pratiqué l’usure. Abu Dawud a dit : S’ils violent une clause du traité, cela sera considéré comme une nouveauté

115

Ibn ‘Abbas a dit : « Quand le Prophète des Perses est mort, Iblis (Satan) les a conduits vers le mazdéisme. »

116

Rapporté par Umar ibn al-Khattab : Amr ibn Aws et AbulSha'tha' ont rapporté que Bujalah a dit : J’étais secrétaire de Jaz' ibn Mu'awiyah, l’oncle d’Ahnaf ibn Qays. Une lettre nous est parvenue de la part de ‘Umar, un an avant sa mort, disant : « Tuez tout magicien, séparez les proches de degrés interdits parmi les mages, et interdisez-leur de murmurer (avant de manger). » Nous avons donc tué trois magiciens en un jour, et séparé un mage de son épouse avec laquelle il avait un lien interdit selon le Livre d’Allah. Il a préparé beaucoup de nourriture et les a invités, puis il a posé l’épée sur sa cuisse. Ils ont mangé (la nourriture) mais n’ont pas murmuré. Ils ont jeté par terre une ou deux charges de mulets d’argent. ‘Umar n’a pas prélevé la jizyah sur les mages jusqu’à ce qu’AbdurRahman ibn Awf témoigne que le Messager d’Allah ﷺ avait pris la jizyah des mages de Hajar

117

Rapporté par Abdullah ibn Abbas : Un homme des Usbadhiyin du peuple de Bahrayn, qui étaient les mages de Hajar, est venu voir le Messager d’Allah ﷺ, est resté quelque temps avec lui, puis est sorti. Je lui ai demandé : « Qu’ont décidé Allah et Son Messager pour toi ? » Il a répondu : « Le mal. » J’ai dit : « Tais-toi. » Il a dit : « L’islam ou la mort. » AbdurRahman ibn Awf a dit : « Il a accepté la jizyah d’eux. » Ibn Abbas a dit : « Les gens ont suivi la parole d’AbdurRahman ibn Awf et ont laissé de côté ce que j’ai entendu de l’Usbadhi. »

118

‘Urwa ibn Al Zubair a dit : « Hisham ibn Halim ibn Hizam a vu un gouverneur de Hims faire tenir debout des Coptes en plein soleil pour le paiement de la jizyah. Il a dit : “Qu’est-ce que c’est ? J’ai entendu l’Envoyé ﷺ dire : ‘Allah, le Très-Haut, punira ceux qui punissent les gens dans ce monde.’” »

119

Rapporté par Ubaydullah : Harb ibn Ubaydullah a rapporté de la part de son grand-père maternel, qui le tenait de son père, que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « La dîme doit être prélevée sur les Juifs et les Chrétiens, mais pas sur les musulmans. »

120

La tradition mentionnée ci-dessus a aussi été transmise par Harb ibn ‘Ubayd Allah du Prophète ﷺ avec le même sens, à travers une autre chaîne de rapporteurs. Cette version utilise le mot kharaj (impôt foncier) au lieu de ‘ushr (dîme)

121

Un homme a rapporté de Bakr ibn Wa’il, d’après son oncle maternel, qu’il a dit : « Envoyé d’Allah ﷺ, puis-je prélever la dîme sur mon peuple ? » Il a répondu : « La dîme doit être prélevée sur les Juifs et les Chrétiens. »

122

Rapporté par un homme des Banu Taghlib : Harb ibn Ubaydullah ibn Umayr ath-Thaqafi a rapporté de son grand-père, un homme des Banu Taghlib : Je suis allé voir le Prophète ﷺ, j’ai embrassé l’islam et il m’a enseigné l’islam. Il m’a aussi appris comment prélever la sadaqah auprès de mon peuple qui était devenu musulman. Je suis ensuite revenu vers lui et j’ai dit : « Messager d’Allah, je me souviens de tout ce que tu m’as appris sauf pour la sadaqah. Dois-je prélever la dîme sur eux ? » Il a répondu : « Non, la dîme doit être prélevée sur les Chrétiens et les Juifs. »

123

Rapporté par Al-Irbad ibn Sariyah as-Sulami : Nous avons fait halte avec le Prophète ﷺ à Khaybar, et ses compagnons étaient avec lui. Le chef de Khaybar était un homme rebelle et détestable. Il est venu voir le Prophète ﷺ et a dit : « Est-ce convenable pour toi, Muhammad, d’égorger nos ânes, de manger nos fruits et de frapper nos femmes ? » Le Prophète ﷺ s’est mis en colère et a dit : « Ibn Awf, monte à cheval et crie fort : Attention, le Paradis n’est permis qu’au croyant, et que les gens se rassemblent pour la prière. » Ils se sont rassemblés et le Prophète ﷺ a dirigé la prière, puis il s’est levé et a dit : « Est-ce que l’un de vous, allongé sur son divan, pense qu’Allah n’a interdit que ce qui se trouve dans ce Coran ? Par Allah, j’ai prêché, ordonné et interdit autant de choses que ce qui se trouve dans le Coran, voire plus. Allah ne vous a pas permis d’entrer dans les maisons des gens du Livre sans permission, ni de frapper leurs femmes, ni de manger leurs fruits lorsqu’ils vous donnent ce qui leur est imposé. »

124

Rapporté par un homme de Juhaynah : Le Prophète ﷺ a dit : « Il se peut que vous combattiez un peuple, que vous les dominiez, et qu’ils se protègent, eux et leurs enfants, en vous donnant leurs biens. » Dans la version de Sa’id, il est ajouté : « Vous conclurez alors la paix avec eux. » La version convenue dit : « Ne prenez alors rien de plus que cela, car il ne vous est pas permis de le faire. »

125

Rapporté par plusieurs Compagnons du Prophète ﷺ : Safwan rapporte, de la part de plusieurs Compagnons du Messager d’Allah ﷺ, par l’intermédiaire de leurs pères qui étaient parents entre eux : Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Faites attention : si quelqu’un porte préjudice à un homme sous contrat, diminue son droit, le force à travailler au-delà de ses capacités, ou lui prend quelque chose sans son consentement, je plaiderai pour lui le Jour du Jugement. »

126

Rapporté par Abdullah ibn Abbas رضي الله عنه : Le Prophète ﷺ a dit : « La jizyah ne doit pas être imposée à un musulman. »

127

Muhammad bin Kathir a dit : « On a demandé à Sufyan d’expliquer la tradition mentionnée ci-dessus. » Il a répondu : « Lorsqu’il embrasse l’islam, la jizyah ne lui est plus imposée. »

128

Rapporté par Abdullah al-Hawzani : J’ai rencontré Bilal, le muezzin du Messager d’Allah ﷺ à Alep, et je lui ai demandé : Bilal, parle-moi de la situation financière du Messager d’Allah ﷺ. Il a répondu : Il n’avait rien. C’est moi qui m’occupais de ses affaires depuis le jour où Allah l’a fait Prophète ﷺ jusqu’à sa mort. Quand un musulman venait à lui et qu’il le trouvait sans vêtements, il me demandait de l’habiller. J’allais alors emprunter de l’argent et j’achetais un manteau pour lui. Je l’habillais et le nourrissais. Un homme parmi les polythéistes m’a rencontré et m’a dit : Je suis riche, Bilal. N’emprunte de l’argent qu’à moi. J’ai donc fait ainsi. Un jour, alors que je faisais mes ablutions et que je me préparais à l’appel à la prière, ce même polythéiste est venu avec un groupe de commerçants. En me voyant, il a dit : Ô Abyssinien. J’ai répondu : Je suis à ton service. Il m’a regardé durement et m’a parlé avec dureté. Il m’a demandé : Sais-tu combien de jours il reste avant la fin du mois ? J’ai répondu : C’est bientôt. Il a dit : Il ne reste que quatre jours avant la fin du mois. Je viendrai alors récupérer ce que tu me dois (c’est-à-dire la dette), puis je te renverrai garder les moutons comme avant. Je me suis mis à réfléchir, comme on le fait dans ces moments-là. Après la prière du soir, le Messager d’Allah ﷺ est rentré chez lui. Je lui ai demandé la permission d’entrer, et il me l’a donnée. Je lui ai dit : Messager d’Allah, que mes parents soient sacrifiés pour toi, le polythéiste à qui j’empruntais m’a dit ceci et cela. Ni toi ni moi n’avons de quoi le rembourser, et il va m’humilier. Permets-moi donc de partir vers une des tribus qui viennent d’embrasser l’islam, jusqu’à ce qu’Allah donne à Son Messager ﷺ de quoi payer ma dette. Je suis donc rentré chez moi, j’ai posé mon épée, ma gourde, mes chaussures et mon bouclier près de ma tête. À l’aube, j’avais l’intention de partir. Soudain, j’ai vu un homme courir vers moi en criant : Bilal, retourne auprès du Messager d’Allah ﷺ. J’y suis allé et j’ai vu quatre montures agenouillées, chargées de marchandises. J’ai demandé la permission d’entrer. Le Messager d’Allah ﷺ m’a dit : Réjouis-toi, Allah a pourvu au paiement de ta dette. Puis il a demandé : N’as-tu pas vu les quatre montures agenouillées ? J’ai répondu : Oui. Il a dit : Prends ces montures et ce qu’elles portent. Il y a des vêtements et de la nourriture, offerts par le gouverneur de Fadak. Prends-les et paie ta dette. J’ai fait ainsi. Il a ensuite raconté la suite de l’histoire. Je suis allé à la mosquée et j’ai trouvé le Messager d’Allah ﷺ assis. Je l’ai salué. Il a demandé : Qu’as-tu fait de tes biens ? J’ai répondu : Allah le Très-Haut a tout payé pour le Messager d’Allah ﷺ. Il ne reste plus rien. Il a demandé : Est-ce qu’il reste quelque chose (de ces biens) ? J’ai dit : Oui. Il a dit : Vois si tu peux m’en débarrasser, car je ne rendrai visite à personne de ma famille tant que tu ne m’en auras pas débarrassé. Quand le Messager d’Allah ﷺ a accompli la prière du soir, il m’a appelé et a dit : Où en es-tu avec ce que tu avais ? J’ai dit : Je l’ai encore, personne n’est venu me voir. Le Messager d’Allah ﷺ a passé la nuit à la mosquée. Il a ensuite raconté la suite de l’histoire. Le lendemain, après la prière du soir, il m’a appelé et a demandé : Où en es-tu avec ce qui te restait ? J’ai répondu : Allah t’en a débarrassé, Messager d’Allah. Il a dit : Allah est le Plus Grand, et il a loué Allah, craignant de mourir alors que cela serait encore en sa possession. Je l’ai alors suivi jusqu’à ce qu’il rende visite à ses femmes, puis il est allé à l’endroit où il devait passer la nuit. Voilà tout ce que tu m’as demandé

129

La tradition mentionnée ci-dessus a aussi été transmise par Mu’awiyah à travers une autre chaîne de transmetteurs, avec le même sens que celle rapportée par Abu Taubah. Cette version dit : « Je n’ai rien pour payer de ma part. Le Messager d’Allah ﷺ est alors resté silencieux, et cela m’a déplu. »

130

Rapporté par Iyad ibn Himar رضي الله عنه : J’ai offert une chamelle au Prophète ﷺ. Il m’a demandé : As-tu embrassé l’islam ? J’ai répondu : Non. Le Prophète ﷺ a dit : « Il m’est interdit d’accepter le cadeau des polythéistes. »

131

Rapporté par Alqamah ibn Wa’il رضي الله عنه : Le Prophète ﷺ a accordé des terres à Hadramawt comme fief

132

La tradition mentionnée ci-dessus a aussi été transmise par ‘Alqamah bin Wa’il à travers une autre chaîne de transmetteurs

133

Rapporté par Amr ibn Hurayth رضي الله عنه : Le Messager d’Allah ﷺ a délimité une maison pour moi à Médine à l’aide d’un arc. Il a dit : « Je t’en donnerai plus. Je t’en donnerai plus. »

134

Rapporté par Rabi'ah ibn Abu AbdurRahman : Rabi'ah rapporte, d’après plusieurs personnes : Le Messager d’Allah ﷺ a accordé comme fief à Bilal ibn al-Harith al-Muzani les mines d’al-Qabaliyyah, qui se trouvent près d’al-Fur’, et jusqu’à aujourd’hui, seule la zakat est prélevée sur ces mines

135

Rapporté par Amr ibn Awf al-Muzani رضي الله عنه : Le Prophète ﷺ a accordé comme fief à Bilal ibn al-Muzani les mines d’al-Qabaliyyah, celles qui sont en amont et celles qui sont en aval, ainsi que les terres cultivables à Quds. Il ne lui a pas donné de terres appartenant à un musulman. Le Prophète ﷺ a rédigé un document pour lui, disant : « Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Voici ce que le Messager d’Allah ﷺ a accordé à Bilal ibn Harith al-Muzani : il lui a donné les mines d’al-Qabaliyyah, celles qui sont en amont et celles qui sont en aval, et les terres cultivables à Quds. Il ne lui a pas donné le droit d’un autre musulman. » Abu Uwais a dit : Une tradition similaire m’a été rapportée par Thawr b. Zaid, affranchi des Banu al-Dail b. Bakr b. Kinahah, d’après ‘Ikrimah, d’après Ibn ‘Abbas

136

Rapporté par Amr ibn Awf al-Muzani رضي الله عنه : Le Prophète ﷺ a accordé comme fief à Bilal ibn Harith al-Muzani les mines d’al-Qabaliyyah, celles qui sont en amont et celles qui sont en aval. Le narrateur, Ibn an-Nadr, a ajouté : « ainsi que Jars et Dhat an-Nusub. » La version convenue dit : « et les terres cultivables à Quds. » Il n’a pas accordé à Bilal ibn al-Harith le droit d’un autre musulman. Le Prophète ﷺ lui a écrit un document : « Voici ce que le Messager d’Allah ﷺ a accordé à Bilal ibn al-Harith al-Muzani : il lui a donné les mines d’al-Qabaliyyah, celles qui sont en amont et celles qui sont en aval, et les terres cultivables à Quds. Il ne lui a pas donné le droit d’un autre musulman. » Le narrateur Abu Uways a dit : Une tradition similaire m’a été transmise par Thawr ibn Zayd, d’après Ikrimah, d’après Ibn Abbas, du Prophète ﷺ. Ibn an-Nadr a ajouté : Ubayy ibn Ka’b l’a écrite

137

Rapporté par Abyad ibn Hammal رضي الله عنه : Abyad est allé voir le Messager d’Allah ﷺ et lui a demandé de lui accorder les mines de sel comme fief. (Le narrateur Ibn al-Mutawakkil précise : celles qui étaient à Ma’arib.) Il les lui a donc attribuées. Quand il est reparti, un homme dans l’assemblée a demandé : Sais-tu ce que tu viens de lui accorder comme fief ? Tu lui as donné une source d’eau permanente. Alors il les lui a retirées. Il lui a demandé ensuite s’il pouvait protéger une terre où poussaient des arbres d’arak. Il a répondu : Il peut protéger ce qui est au-delà de la zone où vont les sabots des chameaux. Le narrateur Ibn al-Mutawakkil a dit : « c’est-à-dire la limite atteinte par les sabots des chameaux. »

138

Muhammad bin Al Hasan Al Mukhzumi a dit : « La phrase “ce qui n’est pas atteint par les sabots des chameaux” signifie que les chameaux mangent les arbres d’arak à la portée de leur tête. Ainsi, la terre où poussent ces arbres peut être protégée au-delà de cette zone. »

139

Rapporté par Abyad ibn Hammal رضي الله عنه : Il a demandé au Messager d’Allah ﷺ de lui donner une terre où poussaient des arbres d’arak. Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Il n’y a pas de permission pour protéger une terre où poussent des arbres d’arak. » Il a dit : Ces arbres d’arak sont à l’intérieur de ma propriété. Le Prophète ﷺ a dit : « Il n’y a pas de permission pour protéger une terre où poussent des arbres d’arak. » Le narrateur Faraj a précisé : Par « à l’intérieur de ma propriété », il voulait dire une terre cultivée entourée de tous côtés

140

Rapporté par Sakhr ibn al-Ayla al-Ahmasi رضي الله عنه : Le Messager d’Allah ﷺ a attaqué Thaqif. Quand Sakhr l’a appris, il est parti à cheval avec d’autres cavaliers pour soutenir le Prophète ﷺ. Il a constaté que le Prophète d’Allah ﷺ était déjà revenu et n’avait pas conquis Ta’if. Ce jour-là, Sakhr a fait un pacte avec Allah et s’est engagé à ne pas quitter cette forteresse tant que ses habitants ne se seraient pas soumis à l’ordre du Messager d’Allah ﷺ. Il ne les a pas quittés jusqu’à ce qu’ils se soumettent à l’ordre du Messager d’Allah ﷺ. Sakhr lui a alors écrit : Pour continuer : Thaqif s’est soumis à ton ordre, Messager d’Allah, et je suis en route vers eux. Ils ont des chevaux avec eux. Le Messager d’Allah ﷺ a alors ordonné de prier en groupe. Il a ensuite invoqué dix fois pour Ahmas : « Ô Allah, bénis les chevaux et les hommes d’Ahmas. » Les gens sont venus et Mughirah ibn Shu’bah lui a dit : Prophète d’Allah, Sakhr a pris ma tante paternelle alors qu’elle avait embrassé l’islam comme les autres musulmans. Il l’a appelé et lui a dit : Sakhr, quand les gens embrassent l’islam, leur sang et leurs biens sont protégés. Rends à Mughirah sa tante paternelle. Il lui a donc rendu sa tante et a demandé au Prophète d’Allah ﷺ : Qu’en est-il des Banu Sulaym qui ont fui par crainte de l’islam et ont laissé cette source d’eau ? Il a dit : Prophète d’Allah, permets-moi, à moi et à mon peuple, de nous y installer. Il a répondu : Oui. Il l’a donc autorisé à s’y installer. Les Banu Sulaym ont ensuite embrassé l’islam et sont venus voir Sakhr. Ils lui ont demandé de leur rendre leur source d’eau, mais il a refusé. Ils sont donc allés voir le Prophète ﷺ et ont dit : Prophète d’Allah, nous avons embrassé l’islam et sommes venus voir Sakhr pour qu’il nous rende notre source d’eau, mais il a refusé. Le Prophète ﷺ est alors venu vers lui et a dit : Quand les gens embrassent l’islam, leurs biens et leur sang sont protégés. Rends-leur leur source d’eau. Il a répondu : Oui, Prophète d’Allah. J’ai vu alors le visage du Messager d’Allah ﷺ rougir, par pudeur de devoir lui reprendre l’esclave et la source d’eau

141

Rapporté par Saburah ibn Ma’bad al-Juhani رضي الله عنه : Le Prophète ﷺ s’est arrêté à un endroit où une mosquée a été construite sous un grand arbre. Il y est resté trois jours, puis il est parti pour Tabuk. Juhaynah l’a rencontré sur une grande plaine. Il leur a demandé : Qui sont les gens de Dhul-Marwah ? Ils ont répondu : Les Banu Rifa’ah de Juhaynah. Il a dit : J’ai donné cette terre aux Banu Rifa’ah comme fief. Ils l’ont donc partagée : certains ont vendu leur part, d’autres l’ont gardée et cultivée. (Le sous-narrateur Ibn Wahab a dit : J’ai alors demandé à AbdulAziz au sujet de ce récit. Il m’en a raconté une partie, mais pas en entier)

142

Rapporté par Asma’ bint Abu Bakr رضي الله عنها : Le Messager d’Allah ﷺ a accordé à az-Zubayr des palmiers comme fief

143

Rapporté par Qaylah bint Makhramah رضي الله عنها : Abdullah ibn Hasan al-Anbari a dit : Mes grands-mères, Safiyyah et Duhaybah, m’ont raconté qu’elles étaient les filles d’Ulaybah et qu’elles avaient été élevées par Qaylah, fille de Makhramah, la grand-mère de leur père. Elle leur a rapporté : Nous sommes allées voir le Messager d’Allah ﷺ. Mon compagnon, Hurayth ibn Hassan, est venu à lui comme délégué de Bakr ibn Wa’il. Il a prêté serment d’allégeance à l’islam pour lui-même et pour son peuple. Il a ensuite dit : Messager d’Allah ﷺ, écris-nous un document nous attribuant la terre entre nous et Banu Tamim à ad-Dahna’, afin qu’aucun d’eux ne la traverse vers nous sauf en tant que voyageur ou passant. Il a dit : Écris-leur ad-Dahna’, garçon. Quand j’ai vu qu’il lui donnait cet ordre, j’ai eu peur, car c’était ma terre natale et mon foyer. J’ai dit : Messager d’Allah, il ne t’a pas demandé une vraie frontière en te demandant cela. Cette terre de Dahna’ est un lieu où les chameaux vivent, et c’est un pâturage pour les moutons. Les femmes de Banu Tamim et leurs enfants sont au-delà. Il a dit : Arrête, garçon ! Une pauvre femme a dit la vérité : un musulman est le frère d’un autre musulman. Chacun peut profiter de l’eau et des arbres, et ils doivent s’entraider contre Satan

144

Rapporté par Asmar ibn Mudarris رضي الله عنه : Je suis venu voir le Prophète ﷺ et j’ai prêté serment d’allégeance. Il a dit : « Si quelqu’un arrive à un point d’eau où aucun musulman n’est encore allé, cela lui appartient. » Les gens sont donc sortis en courant pour marquer des terres

145

Rapporté par Abdullah ibn Umar رضي الله عنه : Le Prophète ﷺ a donné à az-Zubayr une terre en fief jusqu’à la distance atteinte par son cheval au galop. Il a donc fait courir son cheval jusqu’à ce qu’il s’arrête, puis il a lancé son fouet. Le Prophète ﷺ a alors dit : « Donnez-lui (la terre) jusqu’à l’endroit où son fouet est tombé. »

146

Rapporté par Sa’id ibn Zayd رضي الله عنه : Le Prophète ﷺ a dit : « Si quelqu’un cultive une terre stérile, elle lui appartient, et la veine injuste n’a aucun droit. »

147

Rapporté par Urwah رضي الله عنه : Le Prophète ﷺ a dit : « Si quelqu’un cultive une terre stérile, elle lui appartient. » Il a ensuite transmis une tradition similaire à celle mentionnée plus haut (n° 3067). Il (‘Urwah) a dit : Celui qui m’a transmis ce récit a dit que deux personnes ont porté leur litige devant le Messager d’Allah ﷺ. L’un avait planté des palmiers sur la terre de l’autre. Il a décidé de rendre la terre à son propriétaire et a demandé à l’autre d’enlever ses palmiers. J’ai vu quand leurs racines étaient frappées à la hache. Les arbres étaient déjà grands, mais ils ont été retirés

148

La tradition mentionnée ci-dessus a aussi été transmise par Ibn Ishaq à travers une autre chaîne de transmetteurs, avec le même sens. Au lieu de la phrase « celui qui m’a transmis ce récit », cette version dit : « Un homme parmi les Compagnons du Prophète ﷺ, et c’était probablement Abu Sa’id Al Khudri. Je l’ai vu frapper les racines des palmiers. »

149

Rapporté par Urwah : J’atteste que le Messager d’Allah ﷺ a décidé que la terre appartient à Allah, et que les serviteurs sont les serviteurs d’Allah. Si quelqu’un met en valeur une terre stérile, il a plus de droit sur elle. Cette tradition nous a été transmise du Prophète ﷺ par ceux qui rapportaient aussi les traditions concernant la prière

150

Rapporté par Samurah : Le Prophète ﷺ a dit : « Si quelqu’un entoure une terre d’un mur, elle lui appartient. »

151

Hisham a dit : « La veine injuste signifie qu’un homme plante un arbre sur la terre d’un autre pour en revendiquer la propriété. » Malik a dit : « La veine injuste signifie qu’un homme prend quelque chose, creuse un trou et plante un arbre sans y avoir droit. »

152

Abu Humaid Al Sa’idi a dit : « Je suis parti à Tabuk en expédition avec l’Envoyé d’Allah ﷺ. Quand il est arrivé à Wadi Al Qura, il a trouvé une femme dans son jardin. L’Envoyé d’Allah ﷺ a dit à ses compagnons : “Évaluez la quantité de fruits.” L’Envoyé d’Allah ﷺ a estimé à dix wasqs. Il a dit à la femme : “Compte la récolte.” Nous sommes ensuite arrivés à Tabuk. Le souverain d’Ailah a offert une mule blanche à l’Envoyé d’Allah ﷺ. Il lui a aussi offert un manteau et a rédigé un document pour sa terre sur la côte. Quand nous sommes revenus à Wadi Al Qura, il a demandé à la femme : “Combien as-tu récolté dans ton jardin ?” Elle a répondu : “Dix wasqs, comme l’Envoyé d’Allah ﷺ l’avait estimé.” L’Envoyé d’Allah ﷺ a dit : “Je vais vite retourner à Médine. Si l’un de vous veut rentrer rapidement avec moi, qu’il se dépêche.” »

153

Rapporté par Zaynab : Elle retirait des poux de la tête du Messager d’Allah ﷺ pendant que l’épouse de Uthman ibn Affan et des femmes immigrées étaient avec lui. Elles se sont plaintes que leurs maisons étaient devenues trop petites pour elles et qu’on les en avait chassées. Le Messager d’Allah ﷺ a ordonné que les maisons des Immigrés soient données à leurs épouses. Par la suite, Abdullah ibn Mas’ud est décédé, et sa femme a hérité de sa maison à Médine

154

Rapporté par Mu’adh ibn Jabal : Celui qui porte le collier de la jizyah autour du cou a abandonné la voie suivie par le Messager d’Allah ﷺ

155

Rapporté par AbudDarda’ : Le Prophète ﷺ a dit : « Si quelqu’un prend une terre en payant la jizyah, il renonce à l’émigration ; et si quelqu’un enlève l’humiliation d’un mécréant de son cou, il tourne le dos à l’islam. » Le narrateur a dit : Par la suite, Khalid ibn Ma’dan a entendu ce récit de moi et a demandé : « Shubayb te l’a-t-il rapporté ? » J’ai répondu : « Oui. » Il a dit : « Quand tu le verras, demande-lui de me l’écrire. » Il l’a alors écrit pour lui. Quand je suis revenu, Khalid ibn Ma’dan m’a demandé le papier et je le lui ai donné. Lorsqu’il l’a lu, il a abandonné les terres qu’il possédait dès qu’il a entendu cela. Abu Dawud a dit : Ce Yazid b. Khumair al-Yazani n’est pas le disciple de Shu’bah

156

Al Sa’b bin Jaththamah a rapporté que l’Envoyé d’Allah ﷺ a dit : « Il n’y a pas de terre protégée sauf pour Allah et Son Prophète. » Ibn Shihab a dit : « J’ai appris que l’Envoyé d’Allah ﷺ a protégé Naqi’. »

157

Rapporté par As-Sa’b ibn Jaththamah : Le Prophète ﷺ a protégé Naqi et a dit : « Il n’y a pas de terre protégée sauf pour Allah le Très-Haut. »

158

Rapporté par Abu Hurayrah : Le Prophète ﷺ a dit : « Un cinquième est dû sur tout trésor enfoui. »

159

Al Hasan a dit : « Rikaz signifie un trésor enfoui à l’époque préislamique. »

160

Rapporté par Duba’ah, fille d’az-Zubayr ibn AbdulMuttalib : Al-Miqdad s’est rendu à Baqi’ al-Khabkhabah pour une affaire. Il a vu une souris sortir un dinar d’un trou, puis elle a continué à sortir des dinars un par un jusqu’à en sortir dix-sept. Ensuite, elle a sorti une bourse rouge contenant un dinar, ce qui faisait dix-huit dinars en tout. Il les a apportés au Prophète ﷺ, l’a informé et lui a dit : « Prends-en la sadaqah. » Le Prophète ﷺ lui a demandé : « As-tu mis la main dans le trou ? » Il a répondu : « Non. » Le Messager d’Allah ﷺ a alors dit : « Qu’Allah te bénisse dans cette trouvaille. »

161

Rapporté par Abdullah ibn Amr ibn al-‘As : Lorsque nous sommes partis avec le Messager d’Allah ﷺ vers at-Ta’if, nous sommes passés près d’une tombe. J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : « C’est la tombe d’Abu Righal. Il était dans cette mosquée sacrée pour se protéger du châtiment. Quand il en est sorti, il a subi le même châtiment que son peuple à cet endroit, et il y a été enterré. Le signe, c’est qu’une branche en or a été enterrée avec lui. Si vous creusez, vous la trouverez avec lui. » Les gens se sont alors précipités et ont sorti la branche